Décision du CSA

Propos tenus dans l’émission "Touche pas à mon poste" concernant le viol conjugal : réponse aux plaignants

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Assemblée plénière du

Le CSA a été saisi par de très nombreux téléspectateurs au sujet de propos tenus par l’animateur et les chroniqueurs de l’émission Touche pas à mon poste, le 25 octobre 2018, concernant le « viol conjugal ». La séquence concernée était consacrée à un tweet polémique publié sur le compte de Fun Radio : « Charlotte ne supporte pas que son mec lui fasse l’amour la nuit quand elle dort. Vous trouvez cela normal ? On en parle ce soir à 22 heures avec Lovin’Fun #Onsexprime ».

Les plaignants dénonçaient « un florilège de propos banalisant ce crime, comme par exemple l'idée que ce n'était pas grave car il s'agissait de son petit ami, l'idée qu'utiliser le mot viol était une insulte aux "vraies" victimes de viol, ou encore qu'il s'agissait d'une destruction du sens des mots ».

L’article 3-1 de la loi du 30 septembre 1986 dispose que « le Conseil supérieur de l’audiovisuel contribue aux actions en faveur de la cohésion sociale et à la lutte contre les discriminations dans le domaine de la communication audiovisuelle. [...] Il assure le respect des droits des femmes dans le domaine de la communication audiovisuelle. A cette fin, il veille, d’une part, à une juste représentation des femmes et des hommes dans les programmes des services de communication audiovisuelle et, d’autre part, à l’image des femmes qui apparaît dans ces programmes, notamment en luttant contre les stéréotypes, les préjugés sexistes, les images dégradantes, les violences faites aux femmes et les violences commises au sein des couples. […] ».

Par ailleurs, l’article 2-2-1 de la convention de C8 précise que « l’éditeur est responsable du contenu des émissions qu’il diffuse. Il conserve en toutes circonstances la maîtrise de son antenne. »

Après examen de la séquence, le Conseil a relevé que certains des propos tenus par l’animateur et les chroniqueurs de l’émission avaient été particulièrement maladroits. Néanmoins, ceux-ci ne visaient pas à nier l’existence du viol conjugal ou à minimiser le traumatisme qu’il constitue. En outre, un chroniqueur, puis l’animateur, sont intervenus à plusieurs reprises au cours du débat afin de moduler les propos initialement tenus.

Le Conseil a fait part aux responsables de la chaîne du vif émoi qu’a pu provoquer la diffusion de cette séquence et les a invités à veiller à ce que les discussions sur des questions complexes et sensibles ne conduisent pas à une simplification extrême de leurs enjeux.

Le Conseil en a informé les plaignants.