Les enfants et les écrans : les conseils du CSA


Retrouvez ici des conseils et astuces pour vous aider à accompagner vos enfants dans leurs usages des médias audiovisuels.

Patrice Huerre, pédopsychiatre, évoque ici en vidéo le rôle des parents 

Utiliser les écrans, ça s’apprend

Retrouvez le dépliant élaboré par le CSA et présenté lors des 10 ans de la campagne -3 ans

Protéger des contenus TV inappropriés

Pour éviter que votre enfant ne soit troublé par ce qu’il voit, il est important de choisir des contenus adaptés à son âge.

Pour quelles raisons un programme peut-il être déconseillé aux plus jeunes ?

A la télévision, nos enfants ne voient pas la même chose que nous et certaines images peuvent susciter chez eux des émotions complexes et parfois différentes de ce qu’un adulte pourrait ressentir. Un programme peut être considéré comme trop violent ou choquant pour les plus jeunes en raison de plusieurs éléments, notamment : 

  • des scènes violentes nombreuses ou difficiles (par leur réalisme, leur crudité, etc.) 
  • leur caractère gratuit 
  • l'utilisation scénaristique de la violence pour résoudre les conflits 
  • la mise en scène, le réalisme de la représentation, la bande sonore (pouvant être angoissante) 
  • l'évocation de thèmes difficiles comme la drogue, le suicide, l'inceste, la violence conjugale 
  • la violence envers les enfants 
  • la représentation des actes sexuels 
  • une image dégradante de la femme 
  • la psychologie des personnages et les repères qu'elle offre à un public d'enfants ou d'adolescents (par exemple, une récompense pour des actes de violence) 
  • le caractère du héros, ses mobiles, son recours à la violence ou à des comportements dangereux ou illégaux (drogue, etc.) 
  • la présence d'enfants lors de scènes violentes.

Quels sont les risques pour  vos enfants et comment les repérer ?

L’exposition aux contenus violents ou choquants peut engendrer chez les enfants des troubles qui ne sont pas toujours visibles :

  • difficultés à s’endormir
  • cauchemars
  • angoisses
  • banalisation de la violence
  • agressivité

Même si votre enfant ne manifeste pas d’émotions négatives sur le moment, celles-ci peuvent ressurgir un peu plus tard et à diverses occasions, par exemple dans le noir ou dans son sommeil. Il est important que vous sachiez en repérer les signes, qui diffèrent d’un enfant à l’autre, et que vous pensiez à faire le lien éventuel avec des images choquantes qu’il aurait pu voir.

Comment parler à un enfant s'il a vu une image qui l'a choqué ?

Adopter un usage éducatif des écrans

De manière générale, faites en sorte que votre enfant ne passe pas quotidiennement un temps excessif devant la télévision ou tout autre écran. 

Limiter le temps passé devant l'écran

Les conseils suivants valent aussi bien pour la télévision, que les ordinateurs, tablettes et téléphones portables.

  • Evitez d’installer la télévision dans la chambre de l’enfant. Cela contribue à l’isoler de la vie familiale et vous empêche de savoir ce qu’il regarde.
  • Quand vous le pouvez, essayez d’être présent aux côtés de votre enfant lorsqu’il regarde des images sur écran.
  • Evitez que votre enfant ne pratique trop le « zapping » d’un programme à l’autre. Déterminez (avec lui, lorsqu’il en a l’âge) un moment précis et limité pour qu’il regarde la télévision et favorisez le visionnage d’un programme en entier plutôt que de couper l’histoire.
  • Prenez soin du confort de visionnage de votre enfant (éclairage et distance).
  • N’oubliez pas de réserver des moments d’échange en famille sans écran : jeux, activités physiques, repas, discussions, sorties, etc.

A chaque âge sa pratique

Moins de 3 ans

Veillez à préserver votre enfant des écrans (télévision, tablette et smartphone). L’interaction avec le monde qui l‘entoure est essentielle au bon développement du tout-petit (langage, motricité, etc.).

Découvrez l'action du CSA en matière de protection des tout petits

« Une règle d’or : pas d’écran avant 3 ans »

Pour le CSA, le ministère de la Santé et plusieurs experts, la télévision n’est pas adaptée aux enfants de moins de 3 ans car elle peut freiner leur développement, même lorsqu’il s’agit de chaînes qui s’adressent spécifiquement à eux.

Avant 3 ans, l’enfant se construit en agissant sur le monde : la télévision risque de l’enfermer dans un statut passif de spectateur à un moment où il doit apprendre à devenir acteur du monde qui l’entoure.

Il existe plusieurs étapes dans le développement de l’enfant de moins de trois ans :

  • le bébé est d’abord attiré par tout ce qui bouge,
  • puis il découvre qu’il peut agir sur son environnement
  • dès que sa motricité le lui permet, il désigne les choses et les touche
  • à partir de neuf mois, il imite sans comprendre ce qu’il voit.
  • vers un an et demi ou deux ans, il met des mots sur les choses et comprend des expressions de base.

Pour développer ses capacités, l’enfant doit utiliser activement ses cinq sens en s’appuyant notamment sur la relation avec un adulte qui répond à ses sollicitations. Il a besoin de se percevoir comme pouvant transformer le monde, ce qu’il fait par exemple quand il manipule des objets autour de lui. L’exposition passive à des images diffusées sur un écran ne favorise pas ce type d’interactions et peut au contraire freiner le développement du tout-petit enfant.

On croit souvent que la télévision a un effet apaisant sur les tout-petits. Or, le regard du bébé est capté par le flux d’images et de sons provenant de l’écran et qu’il ne comprend pas, ce qui peut donner l’illusion d’un effet calmant. Pourtant, ce calme sera souvent suivi d’une agitation mal comprise qui amènera les parents à augmenter l’exposition à la télévision, risquant ainsi d’accentuer son effet néfaste sur l’enfant.

De 3 à 6 ans

Privilégiez des programmes adaptés sur un temps limité. Une consommation excessive d’écrans peut entraîner des troubles du sommeil, de la vue ou encore de la concentration.

« Veillez à ce que votre enfant ne regarde que des programmes pour enfants, en privilégiant des sessions courtes de visionnage et pas plus de 30 à 40 minutes par jour »

À partir de 3 ans, les émissions adaptées peuvent stimuler certaines capacités de l’enfant, comme la mémoire ou la reconnaissance des lettres de l’alphabet. Mais attention à la durée : 10 minutes passées devant la télévision représentent un temps de concentration élevé pour un tout-petit.

Il est conseillé de privilégier des sessions courtes, avec la possibilité de revoir plusieurs fois le même programme afin de comprendre l’action et les intentions des personnages… et donc d’éviter de « zapper » entre plusieurs émissions !

Entre 3 à 6 ans,un enfant réagit avec sa sensibilité. Il faut apporter une vigilance particulière sur ce qu’il regarde, car il n’a pas de recul par rapport aux images. Il ne percevra pas la différence entre la fiction et la réalité et considérera comme réelles les images effrayantes qu’il aura vues, sans avoir les mots pour exprimer ce qu’il ressent. D’où l’importance de dialoguer avec lui.

Entre 6 et 10 ans

Accompagnez votre enfant dans la découverte des écrans.

« Veillez à ce que les plus jeunes ne passent pas plus d’une heure par jour devant un écran, tous supports confondus »

À partir de 6 ans, l’enfant est capable de faire le lien entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Il commence à avoir une certaine expérience des images et peut les analyser et les commenter. Il pourrait également vouloir imiter ce qu’il a vu, d’où la nécessité de lui expliquer qu’il ne doit pas reproduire ce qu’il voit à la télévision, et de respecter sa sensibilité en privilégiant des programmes pour la jeunesse.

Jusqu’à 8 ans, seuls les programmes jeunesse sont adaptés (animation, films pour enfants, émissions éducatives ou documentaires), tout en limitant la durée des séances et en choisissant avec eux les émissions, afin de leur apprendre à se repérer dans une offre de programmes.

Entre 8 et 10 ans, privilégiez les programmes jeunesse et les programmes tous publics et essayez de regarder la télévision avec votre enfant.

Après 10 ans

Entre 10 et 12 ans, l’enfant commence à vouloir accéder de manière plus autonome aux images et diversifier les programmes qu’il regarde.

« Accompagnez-le dans le choix des programmes, apprenez-lui à sélectionner ceux qui lui conviennent, afin de devenir un téléspectateur actif »

À l’adolescence, il a parfois envie de se confronter à certains contenus violents, même s’il n’en est pas émotionnellement capable. Même à cet âge et en dépit des facilités d’accès aux images dont disposent les adolescents, maintenez le dialogue avec eux sur ce qu’ils regardent ou écoutent, et continuez à leur apprendre à choisir ce qui correspond à leurs goûts et à leur sensibilité.

Quel que soit l’âge de votre enfant

  • pour une meilleure attention à l’école, éviter les écrans le matin
  • pour des repas plus conviviaux, privilégier les repas sans écrans
  • pour un sommeil réparateur, éviter les écrans avant le coucher et dans la chambre

Le JT : un programme inadapté aux plus jeunes

Patrice Huerre, pédopsychiatre, évoque ici en vidéo le rôle des parents :

Avant 8 ans, seuls les programmes jeunesse sont adaptés aux enfants et il est conseillé de ne pas les laisser regarder les journaux d’information, ni les chaînes d’information.

Les enfants ont le droit à l’information, mais les JT ne sont pas adaptés à leur sensibilité et peuvent les angoisser. C’est pourquoi, le présentateur doit prévenir clairement le public avant la diffusion d’images ou de témoignages difficilement soutenables. Ainsi, les plus jeunes peuvent être écartés de l’écran.

Le conseil pratique du CSA : Rien ne vous empêche d’évoquer oralement avec votre enfant, dans des termes adaptés à son âge, les événements marquants de l’actualité.

Une signalétique européenne pour les jeux vidéo

Pour les jeux vidéo, vous pouvez consulter la signalétique européenne dite PEGI (Pan European Game Information). Les pictogrammes PEGI apparaissent sur l’emballage du jeu et indiquent l’une des classes d’âge suivantes : 3, 7, 12, 16 et 18. N’hésitez pas à tester un jeu avant de laisser votre enfant y jouer.

Expliquer la signalétique jeunesse aux enfants

Les chaînes de télévision classent les programmes en catégories définies par le CSA : tous publics, -10 ans, -12 ans, -16 ans et -18 ans. Des pictogrammes vous permettent de les repérer. Pour protéger votre enfant des images violentes, prenez le temps de choisir avec lui ce qu’il va regarder en fonction de son âge et de lui expliquer pourquoi.

N’hésitez pas à dire qu’il vous arrive aussi d’être choqué par certains programmes et que vous ne voulez pas qu’il le soit. En effet, il est important de ne pas lui laisser croire qu’un adulte peut tout regarder sans jamais éprouver d’angoisse, de peur ou de dégoût.

S’il connaît les pictogrammes, votre enfant pourra de lui-même renoncer à un programme inadapté à son âge s’il se retrouve seul devant la télévision.

En plus des membres adultes de votre foyer et des personnes intervenant auprès de vos enfants (baby-sitters, par exemple), vous pouvez sensibiliser les éventuels grands frères et grandes sœurs à ce dispositif, afin qu’ils veillent à ce que regardent les plus petits.

Consultez le dossier du CSA sur la signalétique jeunesse

Les dispositifs de verrouillage

Il existe plusieurs démarches simples et indispensables pour protéger vos enfants, comme le dispositif de verrouillage pour les programmes déconseillés aux moins de 18 ans.

Personnalisez le code parental afin de bloquer l’accès à ces programmes, en évitant les codes que les enfants peuvent facilement essayer (pas de date de naissance, par exemple), et gardez ce code secret. Vous pouvez retrouver ce code dans l’espace de gestion de votre boîtier TV.

Vous pouvez également mettre en place d’autres dispositifs de verrouillage : les téléviseurs ou boîtiers permettent souvent de mettre en place des filtres ou contrôles parentaux par chaînes, horaires, titres ou classification des programmes.

Qu'est-ce que le contrôle parental ?

Regardez les conseils du CSA pour protéger vos enfants :

L'importance du dialogue

Vous ne pouvez pas surveiller tout ce que votre enfant regarde. Mais s’il a été choqué, exprimer ce qu’il a ressenti pourra minimiser l’impact de l’image violente. Il ne le fera peut-être pas de sa propre initiative parce qu’il peut avoir honte ou peur que l’on se moque de lui ou qu’on le prive d’écran ou, simplement, parce qu’il peut s’être accoutumé à la violence.

Engagez un dialogue avec lui, pour l’aider à comprendre et exprimer ses émotions et à développer son esprit critique. S’il voit qu’un adulte s’intéresse à ce qu’il a ressenti, l’enfant osera davantage partager son émotion. Ce sera aussi l’occasion de consolider ses repères et sa représentation du monde qui l’entoure.

Comment parler à un enfant s'il a vu une image qui l'a choqué ?

Regardez les conseils du CSA pour protéger vos enfants :


Protéger des contenus inappropriés sur Internet

Sur les sites de  vidéos à la demande

Sur les nombreux sites de vidéos à la demande et de télévision de rattrapage, vous retrouvez la classification des vidéos selon la signalétique du CSA : -10, -12, -16, -18.

Ces sites doivent aussi proposer un « espace de confiance » à usage des plus jeunes, constitué uniquement de vidéos « tous publics ».

La coopération entre le CSA et les autorités publiques

Le CSA a récemment renouvelé la composition du Comité d’experts du jeune public afin d’intégrer l’évolution numérique dans ses travaux de prospective sur les enjeux de la protection du jeune public.

Le CSA n’est pas chargé de la régulation de tous les contenus sur internet, il prête néanmoins une grande attention à la protection des mineurs sur ce média.
Internet étant un outil de communication facilement accessible, il représente plusieurs sources de dangers potentiels pour les plus jeunes :

  • la confrontation à des contenus choquants, ou réservés aux adultes (violence, pornographie, etc.)
  • la possibilité de contact avec des adultes malintentionnés (pédophilie, manipulations diverses, etc.)
  • le dévoilement de la vie privée ou des données personnelles à l’insu des parents
  • le non-respect de certains droits (droit à l’image, droit de la presse, etc.)
  • l’exposition à des pratiques illégales (téléchargement, harcèlement, etc.).

Il ne s’agit pourtant pas d’interdire à vos enfants d’utiliser internet, qui est également une source de connaissances et d’échanges. Il faut simplement veiller à ne pas les laisser sans contrôle devant un ordinateur, un smartphone ou une tablette connectés. Ce contrôle passe par l’installation d’un logiciel de contrôle parental, et surtout, par votre présence à leur côté lorsqu’ils naviguent afin de les guider vers des sites adaptés, mais aussi de partager leurs découvertes.

Les conseils pratiques du CSA 

  • Discutez avec votre enfant s’il souhaite s’inscrire sur un réseau social : l’inscription requiert un âge minimal car il doit être capable de sens critique.
  • Réfléchissez avant de publier des photos de vos enfants : ce n’est pas un acte anodin. C’est à l’enfant de choisir de s’exposer ou de ne pas s’exposer une fois adolescent.
  • Sensibilisez votre enfant au fait que les images et informations qu’il publie peuvent être vues au-delà de son cercle d’amis et utilisées par d’autres.
  • Pensez à lui rappeler les règles de prudence et de bien-vivre ensemble qui s’appliquent en ligne comme ailleurs, par exemple :
  • ne pas donner ses coordonnées personnelles (adresse, numéro de téléphone, etc.) à des inconnus
  • ne pas diffuser d’images et d’information qui pourraient lui nuire ou faire du tort aux autres.
  • En cas de cyber-harcèlement ou d’exposition à des contenus nuisibles, utilisez les dispositifs de signalement mis en place par les plateformes et les réseaux.
  • En cas d’exposition à des contenus illicites, utilisez la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur : www.internet-signalement.gouv.fr
  • Commettre une infraction en ligne revient à en commettre une dans la vie. Sur Internet aussi, il convient de respecter la loi et les droits de chacun.

Protéger des contenus inappropriés à la radio


Les adolescents apprécient notamment les programmes de libre antenne car ils peuvent s’y exprimer librement sur des sujets qui leur tiennent à cœur. Le dialogue avec les animateurs peut être une aide pour affronter une situation qu’un ado ne comprend pas ou qu’il n’arrive pas à gérer.

Un média apprécié, mais pas toujours adapté

Toutefois, certains sujets qui nécessiteraient une écoute attentive et des réponses pédagogiques et sérieuses (comme les relations amoureuses et la sexualité) sont souvent traités dans ces programmes avec humour et provocation, parfois même de façon crue et vulgaire. Si les adultes peuvent facilement prendre de la distance vis-à-vis de ce type de propos, ils risquent de perturber les adolescents et les préadolescents, par nature plus vulnérables.

Pour cette raison, les radios n’ont pas le droit de diffuser de tels propos à l’antenne avant 22h30. En principe, l’écoute de la radio jusqu’à cette heure ne représente donc pas de risque pour vos adolescents. Néanmoins, sans vous alarmer, ni empiéter sur la vie privée de votre enfant, rien ne vous empêche d’écouter de temps à autre à ces programmes et d’évoquer ce sujet avec lui.