L'audiodescription

Les missions du CSA garantissent l’accessibilité des programmes aux personnes aveugles ou malvoyantes.

En matière d’audiodescription, la mission du Conseil supérieur de l’audiovisuel découle de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, modifiée par la loi du 5 mars 2009 relative à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision : 5° ter de l'article 28 (services de télévision diffusés par voie hertzienne terrestre), le I de l'article 33-1 (autres services de télévision), article 53 (chaînes du service public).

Cette dernière fait obligation aux chaînes de télévision publiques et aux chaînes privées dont l'audience nationale dépasse 2,5% de l'audience totale des services de télévision, de prévoir dans leurs conventions des proportions de programmes accessibles aux personnes aveugles ou malvoyantes, en particulier aux heures de grande écoute.

Par ailleurs, au-delà des exigences légales, le CSA s’attache à une prise en compte toujours meilleure des besoins du public en matière d’accès aux programmes. C’est pourquoi il a conclu en 2008 une charte relative à la qualité de l’audiodescription.

Les principes de l’audiodescription

L’audiodescription aide à améliorer la compréhension d’un programme télévisé par les personnes aveugles ou malvoyantes. Dans ce but, les événements qui apparaissent à l’écran sont décrits, de manière claire et succincte, entre les dialogues ou les commentaires du programme. L’audiodescription fournit des explications, des descriptions des personnes, de leurs sentiments et des précisions sur l’action filmée.

Les programmes qui peuvent faire l’objet d’une audiodescription sont essentiellement les programmes de fiction comme les œuvres cinématographiques, audiovisuelles et les documentaires.

Quels programmes proposent l'audiodescription ?

Pour connaître la disponibilité de l’audiodescription sur certaines chaînes gratuites de la TNT ainsi que pour les plages en clair de la chaîne payante Canal+, vous pourrez consulter les liens ci-dessous.

La  réception peut dépendre de l’adaptateur ou du décodeur que vous utilisez. Les relevés ont été effectués en priorité pendant le créneau horaire 20h30 à 22h30, lors de la diffusion de films.

CRÉATION D’UN CONTENU D’AUDIODESCRIPTION

Un long travail de préparation est nécessaire pour élaborer une audiodescription, ce qui rend impossible d’audiodécrire des programmes en direct. Chaque description doit se positionner dans les espaces disponibles, tout en conservant l’intégrité de l’œuvre.

Si la description s’insère dans des moments sans dialogue, afin de protéger ceux-ci, il ne faut pas pour autant attendre les seuls silences du programme, parfois peu nombreux. Ainsi par exemple, un fond musical peut présenter un volume sonore élevé, difficilement compatible avec la description de scène. Pour cette raison, un système utilisé au Royaume-Uni permet, grâce aux informations utilisées par le récepteur, de réduire le volume sonore du programme durant les passages de description pour faciliter son audibilité.

Une description exhaustive n’est pas la meilleure option, car elle peut noyer l’information utile dans une multitude de détails non pertinents. Sélectionner les éléments visuels à décrire est donc une tâche essentielle. Quand le descripteur dispose de suffisamment de temps, il peut décrire plus en détail l’action, l’atmosphère ou encore l’apparition de personnages.

Afin d’encadrer l’audiodescription, une charte a été mise au point par des professionnels, sous l’égide de la délégation interministérielle aux personnes handicapées. Cette charte, dont l’objectif est de constituer un cadre de référence pour les professionnels, avec des règles précises de qualité et de déontologie pour garantir un résultat qui satisfasse les créateurs et les utilisateurs, a été signée par le CSA en décembre 2008.

DIFFUSION DE L’AUDIODESCRIPTION EN TÉLÉVISION NUMÉRIQUE TERRESTRE

Sur la TNT, deux techniques de diffusion numérique de l’audiodescription existent :

  • technique dite "broadcaster-mix" : une piste audio supplémentaire pré-mixée contient à la fois la composante audio principale et la description de scène ;
  • technique dite "receiver-mix" : une piste audio supplémentaire ne contient que la description de scène qui sera mixée dans le récepteur avec la piste audio principale.

Audiodescription selon le mode « broadcaster-mix »

Cette technique met en œuvre un pré-mixage de la composante sonore principale du programme et de la description de scène au niveau du centre de diffusion ou au niveau de la tête de réseau de codage. En diffusion numérique, la composante audio pré-mixée selon cette technique est codée comme une composante sonore "classique". Le mode "broadcaster-mix" nécessite en général un débit variant d’une centaine de kbit/s à 256 kbit/s selon le type de codage retenu (MPEG-1 Layer II, AC3, E_AC3, HE-AAC). Un tel débit en pré-mixage est nécessaire afin de garantir la clarté d’écoute de l’audiodescription.

Au niveau de la réception, le téléspectateur doit sélectionner la composante d’audiodescription pré-mixée plutôt que la composante sonore habituelle du programme. Dans ce cas, aucun équipement de décodage additionnel n’est nécessaire au niveau du récepteur TNT mais le téléspectateur ne peut toutefois pas ajuster le volume des passages de description de scène. Cette solution permet une compatibilité immédiate avec une grande partie du parc de récepteurs TNT actuellement déployés.

Audiodescription selon le mode « receiver-mix »

Dans le cadre de la technique "receiver-mix", seule la composante audio de description de scène est diffusée en complément de la composante audio principale à destination des récepteurs TNT correctement équipés. Au niveau du récepteur, voire même déporté sur des casques ad hoc pour le seul profit des téléspectateurs aveugles ou malvoyants, un mixage entre la composante sonore principale du programme et la description de la scène est réalisé.

Cette technique, utilisée par exemple au Royaume-Uni sur la TNT, nécessite des fonctionnalités additionnelles dans le récepteur. Elle a été standardisée par l’ETSI (European Telecommunications Standards Institute) et est considérée comme une bonne approche, par l’Union Européenne de Radio-télévision (UER), pour acheminer un signal d’audiodescription. En effet, cette technique s’avère plus efficace en terme de débits et donc d’occupation de la ressource hertzienne.

Le profil de signalisation de la TNT établi par le Conseil supérieur de l’audiovisuel décrit avec précision les caractéristiques techniques de ces deux modes de diffusion de l’audiodescription. Ce document permet à l’ensemble des acteurs du secteur (éditeurs, diffuseurs et fabricants de récepteurs) de paramétrer leurs équipements afin que les signaux diffusés soient correctement interprétés par le parc de récepteurs déployés ou en vente.

LE RESPECT DES OBLIGATIONS

Programmes audiodécrits diffusés en 2017

Chaîne

Obligation minimale en 2016

Programme diffusé (en nombre)

France Télévisions

1000 programmes par an

*1708 programmes dont 725 inédits

TF1

100 programmes dont 55 inédits

203 programmes dont 69 inédits

Canal+

100 programmes inédits

270 programmes dont 176 inédits

M6

100 programmes dont 55 inédits

790 programmes dont 147 inédits

C8

22 programmes inédits

23 programmes inédits

W9

22 programmes inédits

91 programmes dont 25 inédits

TMC

22 programmes inédits

29 programmes inédits

HD1

12 programmes inédits

30 programmes inédits

L'Equipe

12 programmes inédits

13 programmes inédits

6ter

12 programmes inédits

173 programmes dont 22 inédits

Numéro 23

12 programmes inédits

77 programmes dont 43 inédits

RMC Découverte

12 programmes inédits

37 programmes dont 17 inédits

Chérie 25

12 programmes inédits

21 programmes dont 13 inédits

LCI

1 programme inédit 

220 programmes inédits

Source : Estimations fournies par les chaînes début 2018.

*Il convient de préciser que parmi les programmes rediffusés par France Télévisions (983), 707 ont été rediffusés une fois et 276 plusieurs fois.

CONTRÔLE DE LA QUALITE DE L’AUDIODESCRIPTION : Publication d’une étude relative au contrôle du respect et de la qualité des obligations des chaînes en matière d’accessibilité des programmes, le 19 avril 2017

Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a été saisi par de nombreuses associations au sujet de l’absence ou de la mauvaise qualité de l’accessibilité des programmes ayant couvert ces événements. Le 26 novembre 2015, il a annoncé par un communiqué qu’il procèderait au cours de l’année 2016 à des opérations de contrôle de l’ensemble des obligations d’accessibilité audiovisuelle pour en vérifier le respect et la qualité. Il a également précisé que les résultats de cette étude seraient rendus publics et que, si des manquements étaient constatés, il ne manquerait pas d’intervenir auprès des chaînes concernées afin qu’ils ne se renouvellent pas. Cet engagement a été réitéré lors de la réunion de la Commission nationale culture et handicap (CNCH) du 27 janvier 2016. Les résultats de l’étude ont été publiés le 19 avril 2017, sur le site du CSA.

Cette étude se fondait sur trois modes de contrôle et d’analyse :

  • Une synthèse des 16 256 témoignages de téléspectateurs recueillis grâce à une application mobile, développée par la société Avametrie, s’agissant de la qualité du sous-titrage proposé par les quinze chaînes retenues par le CSA (TF1, les cinq chaînes du groupe France Télévisions, Canal+, M6, C8, W9, TMC et les chaînes d’information en continu : BFMTV, Cnews, LCI et franceinfo:), entre le 24 mai et le 30 novembre 2016     
  • L’appréciation de la qualité du sous-titrage, de la LSF et de l’audiodescription proposés par ces quinze chaînes, sur la TNT, sur 47 extraits vidéos réalisés entre le 26 septembre et le 18 novembre 2016. La qualité a été appréciée au regard des chartes conclues par le CSA. Par ailleurs, il convient de préciser que les expertises ont été menées en binômes ; ainsi, un sous-titreur entendant et un correcteur sourd ont étudié la qualité du sous-titrage des extraits, un interprète entendant et un interprète sourd ont travaillé sur la qualité de la LSF et, enfin, un audiodescripteur voyant et un audiodescripteur non-voyant ont évalué la qualité de l’audiodescription 
  • Un contrôle de la présence des flux de sous-titrage, de LSF et d’audiodescription sur quatre fournisseurs d’accès à internet (FAI) - Bouygues, Free, Orange et SFR - effectué par les services du CSA.

Elle a permis de dresser les cinq constats suivants :

  • Premier constat : la qualité du sous-titrage des programmes diffusés en différé est relativement bonne mais des difficultés persistent concernant le sous-titrage en direct
  • Deuxième constat : les programmes interprétés en LSF sont de qualité peu satisfaisante et diffusés en quantité encore trop faible ;
  • Troisième constat : des efforts qui restent à fournir s’agissant de l’audiodescription ;
  • Quatrième constat : les programmes consacrés à l’actualité électorale rendus accessibles, l’ont été en très faible proportion (sous-titres et LSF) ;
  • Cinquième constat : la reprise des flux de sous-titrage et de LSF sur les fournisseurs d’accès à internet : Bouygues, Free, Orange et SFR, est relativement bonne.

A la suite de la publication de cette étude, le CSA a organisé, en juillet 2017, un cycle d’auditions consacré à l’accessibilité des programmes aux personnes aveugles ou malvoyantes en présence des auteurs, des chaînes de télévision, des associations et des laboratoires. Globalement, les représentants des associations et les auteurs ont pris conscience de la nécessité de redéfinir un cadre pour les nouveaux entrants dans le secteur de l’audiodescription mais également pour les chaînes qui ont besoin d’avoir un outil, reconnu par tous, leur permettant d’évaluer la qualité de l’audiodescription qu’elles proposent. Aussi, il a été convenu d’organiser, dans un premier temps, des réunions de travail entre les auteurs d’audiodescription (prestataires ou associations) dans les locaux du CSA : ces dernières auraient pour objectif que les différentes parties s’accordent sur la détermination de grands principes à suivre afin de s’assurer de la qualité de l’audiodescription. Dans un second temps, une fois ce document établi, présenter ces préconisations aux éditeurs et les sensibiliser sur le sujet.

Les premières réunions de travail entre les auteurs d’audiodescription ont eu lieu au cours du mois de juin 2018.