Intervention publique

Discours d'Olivier Schrameck lors de la 20e assemblée plénière du Réseau des instances de régulation méditerranéennes (RIRM) le 22 novembre 2018

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Discours d’Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, lors de la 20e assemblée plénière du Réseau des instances de régulation méditerranéennes (RIRM) le 22 novembre 2018
Seul le prononcé fait foi

Cher Roger, cher Josep Maria,

Chers amis,

Mesdames, Messieurs,

J’adresse mes vifs et chaleureux remerciements au président Loppacher et au Consell de l’Audiovisual de Catalunya, qui nous accueillent pour cette 20e assemblée plénière du Réseau des instances de régulation méditerranéennes.

M’exprimer ici à Barcelone est pour moi d’autant plus important en ces temps de commémoration que c’est précisément à Barcelone, le 29 novembre 1997, que le Conseil supérieur de l’audiovisuel et le Consell de l’Audiovisual de Catalunya, avec leurs homologues italien, portugais et grec, ont décidé de créer le Réseau des instances de régulation méditerranéennes.

Nous sommes aujourd’hui 26 membres, dont je me réjouis de retrouver la plupart des représentants rassemblés l’an dernier à Marseille, de même que ceux qui nous rejoignent pour la première fois.

- Athanasios Koutromanos, Grèce ; 
- Martin Micaleff, Malte ;
- Asher Bitton, Israël.

Je me réjouis aussi de la présence parmi nous d’intervenants extérieurs de tous horizons invités par le président Loppacher à enrichir nos deux journées de débats.

Votre présence à toutes et à tous, en cette assemblée qui ouvre la troisième décennie du RIRM est un signe probant de sa vitalité.

Elle est aussi un encouragement à approfondir une coopération singulière, où les racines millénaires de nos solidarités nourrissent les ambitions les plus actuelles et concrètes : celles du développement, à l’ère numérique, d’une sphère audiovisuelle méditerranéenne dynamique et prospère, nourrie des valeurs de liberté et d’altérité, de pluralisme et de diversité.

Depuis 20 ans, nous construisons ensemble une conception commune de la régulation de l’audiovisuel en Méditerranée.

C’est bien ce que nous avons marqué l’an dernier, avec l’adoption de la déclaration de Marseille « Pour une régulation rénovée dans l’environnement numérique ».

Après avoir approfondi notre réflexion commune sur la régulation des contenus, sur la protection de la jeunesse, sur la téléréalité, les stéréotypes de genre ou le traitement de la crise des réfugiés, nous avons chaque fois pris la mesure des actuelles mutations numériques des médias audiovisuels : notre analyse a le plus souvent fait apparaître des versants contrastés :

  • l’abondance et la globalisation de l’information et de la création, source d’ouverture, d’échange et d’épanouissement ;
  • mais aussi les risques accrus d’effacement des spécificités culturelles et de distorsion de l’information.

Et c’est bien pourquoi nous avons affirmé notre volonté de promouvoir, auprès de nos interlocuteurs respectifs, publics ou privés, nationaux ou internationaux, la nécessité d’une régulation de l’audiovisuel adaptée à cet environnement numérique.

C’est à cette œuvre en constante construction que la présidence française du RIRM s’est efforcée d’apporter son concours durant l’année 2018, dans une coopération étroite avec les vice-présidences du CAC et de la CNMC et la HACA du Maroc, qui assure avec le CSA le secrétariat exécutif du Réseau ; je salue sa présidente, Mme Lemrini, dont le dynamisme et l’énergie ne se démentent jamais.

S’agissant des travaux variés que nous avons menés en 2018, trois orientations peuvent, je crois, les résumer : rayonnement ; approfondissement et ouverture. Les rapports nationaux qui à notre demande nous sont parvenus l’illustrent dans leur diversité.

Rayonnement au quotidien avec un nouveau site internet particulièrement réussi et qui offre aujourd’hui au RIRM une excellente ouverture et une meilleure visibilité.

Nous devons avoir pour ambition de faire de ce site du RIRM une référence pour toute personne s’intéressant à la régulation des médias en Méditerranée : régulateurs, médias, chercheurs, journalistes et citoyens.

Rayonnement encore, au plus haut niveau multilatéral, puisque le RIRM a animé au mois de mars à New York, avec d’autres réseaux de régulateurs de l’audiovisuel, un « side event » consacré à l’égalité des femmes et des hommes dans l’audiovisuel, dans le cadre de la 62ème session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies.

Nous devons cette initiative inédite et sa réussite à l’action volontariste de la HACA du Maroc et de sa présidente Madame Lemrini, qui nous fera rapport de cet évènement et de la déclaration commune qui fut diffusée dans son sillage. Notre collègue du CSA, Sylvie Pierre-Brossolette, y a activement participé.

Le RIRM doit persévérer dans cette voie du rayonnement.

Je me réjouis que dans cet esprit, la HACA du Maroc organise un atelier RIRM-RIARC sur le rôle des médias et des régulateurs africains et méditerranéens face à la question migratoire, en amont de la Conférence Internationale des Nations Unies sur la Migration qui aura lieu à Marrakech, les 10 et 11 décembre prochains.

Le rayonnement du RIRM sera servi par l’approfondissement constant de nos connaissances et savoirs communs.

Le RIRM s’y est consacré cette année suivant les orientations validées par ses membres avec en particulier :

1/ tout au long de l’année, la tenue du groupe de travail Genre et Médias co-présidé par les autorités catalane et portugaise avec le soutien et la participation des autres autorités ibériques, de Croatie, de France, de Grèce, du Maroc et de la Serbie ;

  • les travaux de ce groupe ont été présentés une première fois à Bruxelles par l’autorité portugaise devant les membres de l’ERGA le 7 novembre ;
  • ils seront plus amplement examinés cet après-midi ;

2/ nous verrons aussi cet après-midi que le RIRM a poursuivi ses ateliers, organisés par la vice-présidence espagnole, dans le prolongement de la « Déclaration sur le traitement de l’information relative à la crise des réfugiés et des migrants méditerranéens dans les médias audiovisuels », adoptée à la 18e assemblée plénière le 17 novembre 2016 : Albanie, Croatie, Italie, Malte, Andalousie, Catalogne, Liban, Grèce, Portugal et France s’y sont particulièrement investis, apportant chacun le fruit d’expériences conduites par les autorités nationales ou régionales.

Rayonnement, approfondissement, ouverture enfin.

La vocation du RIRM est d’être un lien entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie sur l’ensemble des enjeux de la régulation.

Devant vous l’an dernier, j’avais souhaité réunir, durant ma présidence, les présidents des différents réseaux de régulateurs, avec l’ambition d’esquisser les voies d’un multilatéralisme global en matière de régulation, dans l’esprit encore récemment marqué par le Forum Global sur la Gouvernance de l’Internet qui s’est tenu du 12 au 14 novembre au siège de l’UNESCO, à Paris.

Le RIRM naturellement, avec le REFRAM, le RIARC, l’EPRA et l’ERGA, la PRAI aussi, ont manifesté leur intérêt.

Malheureusement, nos agendas respectifs n’ont pas permis la tenue de cette réunion avant notre assemblée.

Pour autant, il convient me semble-t-il de persévérer dans cet effort de mise en relation de la plus large communauté de réseaux. Je salue tout particulièrement à cet égard la présence ici de la présidente mexicaine de la PRAI et de son vice-président colombien.

N’hésitons pas à élargir le cercle des réseaux régionaux, subrégionaux ou transnationaux concernés : ils sont nombreux, divers et riches d’expériences à partager.

A cette fin, le RIRM peut s’appuyer sur les multiples liaisons de ses membres euro-méditerranéens, afro-méditerranéens, arabo-méditerranéens ou encore ibéro-américains.

L’appartenance de plusieurs d’entre nous à l’ERGA est l’occasion notamment de faire progresser les méthodes et les objectifs d’une régulation modernisée de l’audiovisuel à l’ère numérique.

Nous avons ainsi tout particulièrement souhaité vous rendre compte du travail de ce réseau alors que la nouvelle directive sur les services de médias audiovisuels a été adoptée au début du mois.
Le moment est maintenant venu de passer le relais à notre nouveau président. Cette année de présidence française du RIRM aura été pour moi et pour le CSA tout entier une très enrichissante aventure.

Notre grande fierté est de vous avoir accueillis à Marseille et d’y avoir fait jaillir une vision partagée de notre avenir numérique.

Elle est aussi d’avoir pu accompagner l’indispensable déploiement du réseau sur la scène internationale.

Elle est enfin d’avoir partagé avec vous les mêmes préoccupations, communes d’une rive à l’autre du bassin méditerranéen, celles d’une liberté de communication émancipatrice, toujours plus attentive aux droits des personnes, alliée convaincue de la démocratie et de la diversité.

Nous avons appris à mieux nous connaître, institutionnellement et personnellement, au fil des années et des rencontres.

Le CSA français poursuivra, au titre de sa vice-présidence, sa contribution énergique et fait confiance, cher Roger, à l’autorité catalane pour marquer une nouvelle étape significative, conformément à une déjà longue et riche tradition.