Intervention publique

Allocution de Roch-Olivier Maistre à l’occasion de la conférence de lancement de la « Semaine de la langue française et de la Francophonie », le jeudi 12 mars 2020

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Il y a trois semaines à peine nous quittait Hervé Bourges. Comment, ce matin, ne pas penser à lui, au moment de lancer au CSA la 25e édition de la « Semaine de langue française et de la Francophonie » ? Au fil de ses multiples engagements, en effet, Hervé Bourges s’était fait le passeur entre les deux mondes à qui il a consacré la majeure partie de son parcours : celui de la Francophonie, et celui des médias audiovisuels.

Deux mondes dans lesquels s’était exprimée sa personnalité flamboyante, empreinte d’humanisme, de générosité et de bienveillance.

Et deux mondes qu’il avait su réunir, ici au CSA, durant son mandat marqué par la mise en œuvre de la loi « Toubon ». Une loi fondatrice – nous avons fêté au Parlement, l’année dernière, son 25e anniversaire – qui a notamment posé le principe de l’utilisation de langue française sur les antennes des radios et des télévisions, et créé le dispositif des quotas de chansons francophones à la radio.

Un investissement du CSA au service de la francophonie qui s’est perpétué depuis lors. Je pense à la création, en 2007, du Réseau francophone des régulateurs des médias (le REFRAM) et, en 2015, à l’organisation de la première Journée de la langue française dans les médias audiovisuels, dans le cadre de la « Semaine de la langue française et de la Francophonie » organisée par le ministère de la Culture.

C’est cette nouvelle « Semaine de langue française et de la Francophonie », qui débutera samedi, que nous lançons ce matin. Et je voudrais souhaiter la bienvenue à toutes celles et ceux qui ont bravé les circonstances – si j’ose dire – pour être présents ce matin !

Je voudrais saluer, en particulier, Emmanuelle Laborit et Abd al Malik, qui ont accepté d’être la marraine et le parrain de cette édition – qu’ils en soient remerciés ; mais aussi les représentants des opérateurs, et enfin les équipes de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) réunies autour de Paul de Sinety, ainsi que les équipes du CSA et du ministère de la Culture, qui ont préparé la rencontre de ce matin.

Le ministre, comme vous le savez, n’a pu être parmi nous ce matin et je voudrais lui adresser, bien sûr, nos vœux de prompt rétablissement.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel s’associe pour la sixième fois à la « Semaine de la langue française et de la Francophonie »

C’est la sixième fois que le Conseil supérieur de l’audiovisuel s’associe à la « Semaine de la langue française et de la Francophonie », initiée par le ministère de la Culture. Et, pour l’occasion, nous avons souhaité, avec Carole Bienaimé Besse, renforcer notre partenariat avec Paul de Sinety et ses équipes autour de cet événement, et joindre nos forces en organisant cette rencontre commune ce matin. Une rencontre qui est donc une première. Et qui, je l’espère, va se perpétuer lorsque nous serons revenus à des temps plus cléments – cela finira bien par arriver !

Cette rencontre, c’est naturellement l’occasion de présenter les nombreux événements qui auront lieu durant cette Semaine, alors que nous fêtons cette année le 50e anniversaire de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Le thème retenu pour cette édition est « Au fil de l’eau », Paul de Sinety nous en parlera tout à l’heure.

Et, pour ce qui concerne plus particulièrement le CSA, la « Semaine de la langue française et de la Francophonie » dans les médias se traduit par la mobilisation des opérateurs, qui sont appelés à s’associer, à nouveau, à cet événement, autour cette année d’Emmanuelle Laborit et d’Abd al Malik.

Vous apporterez, à n’en pas douter, votre engagement en faveur de la langue française, un engagement en faveur de la création, de la diversité et du vivre-ensemble. Chacun à votre manière, en effet, vous avez fait tomber les barrières, ouvert des passerelles entre les mots et les cultures, pour faire de ce bien commun qu’est notre langue un terrain de jeu où exprimer les différences.

Comme de coutume, les médias audiovisuels vont mettre en avant cet engagement, par des invitations ou des programmations particulières, mais aussi mettre en avant les valeurs qu’incarne la Francophonie.

Car les médias audiovisuels ont des responsabilités à l’égard de la société, et la promotion de la langue française et des langues de France en fait partie. Chacun doit en être conscient : l’absence de maîtrise de la langue est un facteur majeur d’exclusion et de discriminations, et les médias audiovisuels sont une des principales voies d’accès à la langue. Une langue non pas figée mais pleinement vivante, à l’écoute des évolutions de notre société, de la transition numérique, des nouvelles manières d’écrire et de parler.

Ce que, chère marraine et cher parrain, vous incarnez parfaitement – à nouveau, donc, un grand merci de votre participation, et un grand merci aux opérateurs qui vont vous accueillir sur leurs antennes.

Cette rencontre, et j’en terminerai par là, c’est aussi l’occasion de rappeler que la promotion de la langue française et des langues de France fait, depuis l’origine, partie intégrante des missions du CSA. Y compris, chère Emmanuelle Laborit, la promotion de la langue des signes française (LSF), qui est une langue de France à part entière. Aujourd’hui, nos actions se déploient principalement dans trois directions :

  • La première, c’est la mobilisation des opérateurs – notamment en ce qui concerne l’accessibilité des programmes. Elle passe par des clauses spécifiques figurant dans les conventions, par des recommandations générales mais aussi par des engagements volontaires – je pense à la Charte sur la qualité de la langue des signes française (LSF) conclue en 2015. Grâce à ces outils, de réelles avancées ont été observées en ce qui concerne le sous-titrage, mais il reste encore beaucoup à faire – ne nous le cachons pas – en termes de volume des programmes accessibles en langue des signes française (LSF) et qualité de cette langue.
  • La deuxième, c’est la contribution aux travaux d’enrichissement de la langue menés par la délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) ; nous avons convenu avec Paul de SINETY, l’année dernière, de poursuivre cette collaboration engagée de longue date ;
  • et, enfin, la troisième, c’est la participation active au Réseau francophone des régulateurs des médias audiovisuels (REFRAM), que j’évoquais à l’instant. C’est une instance que nous avons réinvestie ces derniers temps, et dont nous occupons cette année la vice-présidence. Et, dans ce cadre, Paris accueillera, en juin, une conférence réunissant les présidents des différentes autorités de régulation audiovisuelle ayant le français en partage. Avec comme objectif, je le souhaite, de contribuer au Sommet du cinquantenaire de l’OIF, qui aura lieu à Tunis cet automne.

Vous le voyez : le CSA est en initiative pour promouvoir la langue française et la diversité des langues de France dans les médias audiovisuels, au-delà de la seule « Semaine de la langue française et de la Francophonie », à laquelle je souhaite plein succès !