Le déploiement du DAB+

Le DAB+ (ou radio numérique terrestre – RNT) se met en place par étape en France métropolitaine. Marseille, Nice et Paris bénéficient de ce service depuis le 20 juin 2014 ; Lille et la région des Hauts-de-France depuis le 19 juin 2018. Le CSA a établi un plan de déploiement du DAB+ jusqu’en 2020 avec comme objectif une couverture DAB+ de 70% de la population française.

Les appels à candidatures

Le lancement du premier appel à candidatures

Le CSA a lancé le tout premier appel à candidatures le 26 mars 2008, portant sur 19 grandes agglomérations (dont Paris) et représentant 30 % de la population française. D’abord clôturé le 26 mai 2009, il a été actualisé le 12 avril 2012 pour prolonger le délai de dépôt des candidatures jusqu’au 31 mai 2012.

L’actualisation du premier appel à candidatures a notamment offert aux candidats la possibilité de postuler, dans une même zone, sur un ou plusieurs types d’allotissement (local, intermédiaire, étendu) en fonction du type de desserte recherché. La plupart des services de radios déjà candidats en 2008 ont maintenu leur candidature, en l’actualisant ou non, et 38 nouveaux dossiers ont été reçus, soit un nombre total de 177 dossiers présentés.

Sélection des premières radios : 15 janvier 2013

C’est le 26 mai 2009 que des premières radios ont été sélectionnées pour Paris, Marseille et Nice-Cannes, sur des multiplex comprenant chacun 8 à 11 services, et permettant d’offrir de 7 à 13 nouvelles radios dans chacune de ces zones.

Le Gouvernement ayant a annoncé, par communiqué de presse le 6 septembre 2012, sa décision de ne pas procéder à la réservation prioritaire pour les radios du service public (Radio France et RFI), ces services sont absents de l’offre en radio numérique dans ces trois zones.

Le 25 septembre 2012, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a confirmé la sélection des candidats dans ces trois zones, complétant ensuite cette liste à la suite du retrait de Radio Classique et Intégrale Classique dans les trois zones.

Le 15 janvier 2013, le CSA a procédé à la délivrance des autorisations aux opérateurs sélectionnés.

L’appel à candidatures « distributeurs » en bande l

Le CSA a lancé le 3 novembre 2011 un appel à candidatures en radio numérique (bande L) en vue d’autoriser un distributeur de services pour une diffusion sur l’ensemble du territoire métropolitain d’un bouquet comprenant des services de radios et éventuellement des services autres que de radio ou de télévision.

Deux candidats ont déposés un dossier et ont été déclarés recevables : l’association La radio numérique en bande L et la société Onde numérique.

L’évolution de la norme de diffusion en radio numérique terrestre

Les normes techniques applicables à la radio numérique terrestre en France sont définies par un arrêté conjoint des ministres chargés de l'industrie et de la communication du 3 janvier 2008. Cet arrêté prévoit notamment que, pour la famille de normes Eureka-147, seul le T-DMB est utilisable en France.

Dans le cadre de ses travaux, le CSA a constaté que la norme DAB+, qui fait partie également de la famille Eureka-147, connaissait un développement important en Europe et que son usage était souhaité par de nombreux professionnels de la radio en France.

Cette norme permettrait d'accroître le nombre de radios par multiplex et de réduire ainsi le coût de diffusion pour chacune d'elles. Le public français pourrait en outre bénéficier de la disponibilité de récepteurs compatibles avec le DAB+ puisque celui-ci est utilisé dans plusieurs pays européens, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne. C'est pourquoi le Conseil a recommandé au Gouvernement d'ajouter la norme DAB+ à celles qui sont déjà prévues par l'arrêté du 3 janvier 2008.

La concertation avec les acteurs

Tout un travail de concertation et d’analyse a précédé le lancement du DAB+. Il se poursuit au quotidien afin de planifier les lancements dans les différentes régions françaises et de tenir des évolutions technologiques.

 De 2005 à 2010, le CSA a opéré à une grande concertation sur l’avenir du paysage de la radio numérique terrestre en recueillant l’avis des acteurs au sein de trois groupes de travail :

  • la planification,
  • la signalisation,
  • l’organisation juridique des appels.

Au terme de ce  travail,  il a été décidé de lancer à brève échéance la radio numérique sur un réseau terrestre dédié utilisant la bande III et la bande L. Deux autres consultations publiques ont ensuite eu lieu en juin 2009 sur l’utilisation de la ressource globale allouée à la radio numérique et la définition des objectifs de couverture des services et mars 2011 sur l’utilisation de la bande L.

Une mission de déploiement de la radio numérique terrestre

Installée le 23 novembre 2009, la mission déploiement de la radio numérique terrestre compte quatre groupes de travail à dominante technique ou organisationnelle.

Lors de son assemblée plénière du 8 avril 2010, le CSA a  réaffirmé son engagement d’appliquer la loi relative à la RNT dans les meilleurs délais. Il a considéré qu’un engagement fort des pouvoirs publics était une condition indispensable au succès de la radio numérique terrestre, et un préalable à la délivrance des autorisations dans les trois zones faisant l’objet de l’appel à candidatures.

Un communiqué de presse reprenant ces orientations a été publié le 9 avril.

Les propositions du rapport Kessler et les travaux en 2011

Le 27 mai 2010, le Premier ministre a confié à M. David Kessler une mission de réflexion sur l’avenir de la radio numérique terrestre (RNT ou DAB+). Le CSA s’inscrivait pleinement dans la proposition de M. Kessler de développer les expérimentations en matière de radio numérique.

Il a régulièrement autorisé, depuis 2009, des expérimentations dans de grandes agglomérations (Paris, Lyon, Nantes, Rouen) lui permettant, ainsi qu’aux acteurs du secteur radiophonique, de tirer de nombreux enseignements, notamment techniques. Ces expérimentations ont associé des radios publiques comme privées, associatives et commerciales. Certaines d’entre elles visaient également à mettre en valeur l’image de la radio numérique terrestre et des possibilités qu’elle offre auprès des auditeurs, en particulier par l’apport de nouveaux services de radio dans des zones où la bande FM est déjà saturée.