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À la télévision, vos enfants ne voient pas la même chose que vous


En janvier 2005, les chaînes ont diffusé un message qui incitait les adultes à être attentifs aux recommandations faites par les chaînes à travers les signaux -10, -12, -16 et -18 qui figurent sur certains programmes.
Pourquoi y être attentif ? Le CSA répond à vos questions.



La violence des images à la télévision : quel danger pour vos enfants ?
Pourquoi des signaux sur les programmes de télévision ?
Pourquoi est-il important de les respecter ?
À quoi correspondent ces signaux ?
Pourquoi est-il important d'en discuter avec vos enfants ?
Comment et par qui sont attribués ces signaux aux programmes ?
Comment intervient le CSA ?


La violence des images à la télévision : quel danger pour vos enfants ?

La télévision est une chance d'ouverture sur le monde et une source d'information et de divertissement sans précédent. Mais les programmes diffusés à la télévision ne sont pas tous destinés aux enfants. Les parents doivent être vigilants et accompagner autant que possible les enfants dans leur " consommation " de télévision.

De nombreuses études nord-américaines montrent que le fait de regarder des programmes violents augmente les comportements agressifs, peut rendre insensible à la violence et à la souffrance des victimes, accroître la peur et le sentiment de vivre sous la menace constante.

L'impact des images est plus fort si la violence est utilisée par un personnage positif ou attractif, si elle paraît justifiée, si sa mise en scène est réaliste, les images précises et détaillées, ou si la violence paraît récompensée parce qu'elle provoque la réussite.

Plusieurs pédopsychiatres français ont mis en évidence l'impact des images violentes sur les enfants : stress, colère, honte, anxiété, difficultés d'endormissement…
Même si l'enfant apprend à s'en protéger, la violence médiatique peut perturber son équilibre et banaliser l'idée qu'il est normal de recourir à la force et à la violence pour obtenir ce que l'on désire.

Son impact dépend cependant de l'âge de l'enfant, de son degré de maturité et de son contexte familial.

D'autres médias peuvent véhiculer des messages perturbants pour les enfants et nécessitent un accompagnement parental : certaines émissions de radio, média privilégié des adolescents mais que les parents connaissent peu, certains jeux vidéos que la profession classe elle-même en fonction de l'âge, mais aussi internet.

Consultez aussi le dossier sur les effets de la pornographie chez les adolescents (résultats de l'enquête ESPAD 2003).


Pourquoi des signaux sur les programmes de télévision ?

La représentation ou l'évocation de thèmes qui peuvent choquer les enfants (violence, sexualité, etc.) ne saurait être censurée à la télévision. Dans une démocratie moderne, la protection des mineurs doit être conciliée avec la liberté de communication, principe fondamental.
Les signaux apposés sur les programmes (au début, voire de façon permanente) sont là pour alerter les parents, et de façon générale, les adultes responsables d'enfants.
Ces signaux sont aussi là pour permettre aux enfants de se protéger des images qui peuvent les perturber.


Pourquoi est-il important de les respecter ?

Le fait d'exposer des enfants à des programmes qui sont susceptibles de les impressionner durablement est une forme de négligence.
Avant d'affecter un signal à un programme, des personnes responsables ont regardé celui-ci dans son intégralité et ont estimé qu'il comportait une ou plusieurs scènes susceptibles de troubler les plus jeunes.
Cette scène ou ces scènes ne vont pas nécessairement apparaître en début de programme.

Les programmes de télévision, même diffusés en journée, peuvent ne pas être adaptés aux jeunes enfants. Ceux-ci ne peuvent pas savoir si un programme leur convient ou non, il leur est difficile de s'imposer des limites. Les parents doivent les y aider.
Le CSA reçoit parfois des plaintes de parents dont l'enfant de 3 ou 4 ans a été choqué par des bandes-annonces ou des programmes diffusés dans la journée.
En réalité, la télévision généraliste n'est pas adaptée aux enfants de moins de 4 ans. Et, selon les professionnels de la télévision, seuls les programmes pour les enfants sont destinés aux moins de 8 ans.
Jusqu'à ce que leur enfant ait atteint 12 ans, les parents considèrent, à près de 80 %, qu'ils ont les moyens de contrôler les programmes que regardent leur enfant (selon une enquête faite par Médiamétrie pour le CSA en 2001).
Il est important, pour les programmes déconseillés aux - 16 ans et ceux déconseillés aux -18 ans, que cette vigilance perdure au-delà de 12 ans.


À quoi correspondent ces signaux ?

Chaque programme fait l'objet d'une classification spécifique et individuelle : il n'existe pas de liste de critères exhaustifs conduisant mécaniquement à une classification. De grands principes existent cependant.

Lorsque les programmes comportent des scènes de violence ou d'érotisme qui risquent de choquer les plus jeunes, lorsque le sujet abordé risque de les perturber, le public est averti par la mention " déconseillé aux moins de 10 ans ". Ils ne peuvent pas être programmés à l'intérieur des émissions pour la jeunesse, mais peuvent être diffusés en journée.

Lorsqu'un programme risque de perturber les repères d'un enfant de moins de 12 ans, notamment parce que le scénario recourt de façon systématique ou répétée à la violence ou évoque la sexualité adulte, le public est averti par la mention " déconseillé aux moins de 12 ans ". Ces programmes sont diffusés essentiellement après 22h, mais peuvent l'être ponctuellement à 21h (les chaînes cinéma et les chaînes de paiement à la séance sont soumises à un régime différent).

Les programmes qui risquent de perturber les repères des jeunes de moins de 16 ans, notamment les programmes érotiques ou ceux qui présentent de violence particulièrement impressionnantes, sont déconseillés aux moins de 16 ans. Ces programmes sont diffusés après 22h30 (les chaînes cinéma et les chaînes de paiement à la séance sont soumises à un régime différent).

Les films interdits aux mineurs de 18 ans ainsi que les programmes pornographiques ou de très grande violence, réservés à un public adulte averti, peuvent nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral des mineurs de 18 ans.
Seules les chaînes cinéma, ou les chaînes cryptées ayant souscrit des engagements élevés de contribution à la production (d'un niveau équivalent à celui des chaînes cinéma), ou les chaînes de paiement à la séance, sont autorisées à diffuser ces programmes dans la mesure où elles en garantissent le non-accès aux mineurs. Leur programmation ne peut intervenir avant minuit ni après 5h du matin.
Pour la diffusion en mode numérique, l'accès à ces programmes nécessite la composition d'un code parental (distinct de 0000) dont il est important que les parents assurent la confidentialité.


Pourquoi est-il important d'en discuter avec vos enfants ?

  • Parler des programmes qui ont choqué l'enfant

  • Les spécialistes affirment que l'impact des images ou des messages sur l'enfant peut être minimisé lorsque celui-ci peut dire ce qu'il a ressenti. L'enfant exprime rarement sa réaction de sa propre initiative, pour ne pas apparaître vulnérable ou parce que l'effet de sidération provoqué par la crudité d'une image ou d'un message peut le rendre incapable d'en parler. Parfois aussi, parce qu'il s'est accoutumé au langage de la violence.
    S'il sait qu'un adulte s'intéresse à ce qu'il regarde et à ce qu'il ressent, il pourra au contraire faire part de ses émotions et ce sera l'occasion de stabiliser ses repères. Sa représentation du normal et de l'anormal, du juste et de l'injuste peut en effet être troublée par certaines séquences trop brutales.

  • Parler des recommandations -10, -12,-16, -18

  • Il est important de discuter avec les enfants des programmes qu'ils regardent afin que les interdits posés par les parents soient compris et efficaces même en dehors de la présence des adultes. Ces signaux sont là pour respecter le degré de maturité des enfants.


    Comment et par qui sont attribués ces signaux aux programmes ?

    À la demande du CSA, les chaînes ont constitué des comités de visionnage qui effectuent le travail de classification. Selon les chaînes, il s'agit de responsables des différentes unités de programme ou de personnes extérieures (cinq mères de famille sur M6).
    La composition de ces comités est laissée à l'entière responsabilité des chaînes.

    Le CSA n'a pas souhaité définir chaque catégorie de programme par des orientations trop contraignantes. Cependant, sans que cette liste soit exhaustive, il a défini un certain nombre de critères qui doivent être pris en compte lors de la décision de classification :
    • le nombre et la nature des scènes violentes ;

    • leur caractère gratuit ou indispensable au scénario ;

    • l'utilisation scénaristique de la violence pour résoudre les conflits ;

    • la mise en scène, le traitement en image, le type de plan utilisé, le réalisme de la représentation, le traitement de la bande sonore (génératrice d'angoisse) ;

    • l'évocation de thèmes difficiles comme la drogue, le suicide, l'inceste, la violence conjugale ;

    • la violence envers les enfants ;

    • la représentation des actes sexuels ;

    • l'image de la femme (respectueuse ou dégradante) ;

    • la psychologie des personnages et les repères qu'elle offre à un public d'enfants ou d'adolescents (sanction ou récompense pour les actes de violence, etc.) ;

    • le caractère du héros, ses mobiles, son recours à la violence ou à des comportements dangereux ou illégaux (drogue, etc.) ;

    • la présence d'enfants lors des scènes violentes.

    L'application de ces critères se fait au cas par cas et, pour les séries, épisode par épisode.
    Le Conseil encourage les chaînes à recourir à la signalétique dès qu'elles pressentent qu'un programme risque de heurter la sensibilité des plus jeunes, l'objectif étant, non d'aseptiser le petit écran, mais d'informer les parents.


    Comment intervient le CSA ?

    Le CSA vérifie après diffusion la pertinence des classifications et des horaires de programmation retenus par les chaînes. Ce contrôle s'exerce sur l'ensemble des chaînes autorisées par le CSA, qu'elles soient hertziennes (TF1, France 2, France 3, France 5, M6, Canal+) ou diffusées par câble ou par satellite.

    Lorsqu'un programme semble ne pas être adapté à tous les publics, il est soumis à une commission de visionnage consacrée au suivi de la signalétique. Ses conclusions sont discutées au sein du groupe de travail Protection du jeune public et déontologie des programmes, présidé par un conseiller du CSA.

    Le CSA examine également toutes les plaintes de téléspectateurs, d'associations de téléspectateurs et d'associations familiales adressées par courrier ou par courrier électronique, dès lors que ces plaintes mentionnent le nom de la chaîne et l'horaire de diffusion ou le titre du programme. Celles-ci peuvent l'amener à revisionner un programme et à intervenir auprès de la chaîne mise en cause.

    L'action du CSA intervient donc toujours a posteriori. Elle a cependant une efficacité certaine : les chaînes modifient pour les prochaines diffusions les horaires de programmation ou le choix du pictogramme de la signalétique, conformément aux observations qui leur ont été adressées et aux engagements qu'elles ont pris devant le groupe de travail.

    Les observations adressées aux chaînes sont rendues publiques dans les semaines qui suivent sur le site du CSA et dans sa lettre mensuelle d'information.

    Chaque année, le groupe de travail Protection du jeune public et déontologie des programmes organise des réunions avec les chaînes pour dresser le bilan de la protection de l'enfance et de l'adolescence au cours de l'exercice précédent. Ce bilan fait ensuite l'objet d'une publication dans La Lettre du CSA et sur le site du CSA.

    Ponctuellement, le groupe de travail Protection du jeune public demande également l'avis d'experts extérieurs (pédopsychiatres, universitaires, chercheurs, magistrats, etc.), spécialistes de l'enfance et de l'adolescence.
    En matière de protection des mineurs, les chaînes doivent respecter les dispositions de la loi du 30 septembre 1986 sur la communication audiovisuelle (article 15), ainsi que celles figurant dans les conventions signées avec le CSA, pour les chaînes privées ou, dans les cahiers des missions et des charges publiées par décret pour les chaînes publiques. Les interventions courantes prennent la forme d'une mise en garde par simple lettre.
    En cas de manquement grave, le CSA peut adresser aux chaînes une mise en demeure. Si la chaîne récidive dans un domaine comparable, le CSA peut prononcer une sanction.
    Sanctionner la diffusion d'une œuvre constitue une atteinte importante à la liberté de communication, qui ne peut être justifiée que par un manquement particulièrement sérieux. Chaque fois qu'il le peut, le Conseil agit par la voie du dialogue, soit en alertant les chaînes, soit en leur faisant adopter des règles d'autorégulation.



    Pour en savoir plus, consultez la page sur la protection des mineurs à la télévision et à la radio






    Visionnez le film de la campagne 2005 de sensibilisation aux signaux télévisuels :


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