La mise en place de la signalétique jeunesse, en 1996, a marqué un progrès que nul ne conteste : jusque-là, les chaînes hertziennes avaient chacune leurs pictogrammes, de formes et de couleurs spécifiques, et leur propre système de classification. De plus, elles ne signalisaient que les téléfilms et les œuvres cinématographiques. Cette année-là, à la demande du Conseil, la couleur et les principes de classification ont été uniformisés sur l'ensemble des chaînes hertziennes, excepté sur Canal+ qui a conservé des pictogrammes légèrement différents. En 1998, toutes les chaînes hertziennes ont adopté la même signalétique. Ce dispositif a été repris par les chaînes du câble et du satellite en mars 2000, puis étendu, en 2001, à l'ensemble des programmes, magazines compris.
Mais plusieurs enquêtes réalisées en 2001 et 2002 ayant révélé que les pictogrammes utilisés étaient mal mémorisés et leur signification peu claire, le Conseil a décidé, après une large consultation, de faire évoluer le dispositif afin de rendre les pictogrammes plus explicites et les avertissements plus clairs, sans pour autant négliger le confort de visionnage des téléspectateurs.
À l'instar de ce qui existe pour les autres médias (films de cinéma, jeux vidéos, livres pour enfants), la nouvelle signalétique jeunesse adoptée par les chaînes depuis novembre 2002 délivre des recommandations pratiques en termes d'âge :
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Catégorie I
Tous publics(pas de signalétique) |
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Catégorie II
Déconseillé aux moins de 10 ans(des programmes dont certaines scènes sont susceptibles de heurter les moins de 10 ans). |
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Catégorie III
Déconseillé aux moins de 12 ans ou Interdit en salle aux moins
de 12 ans(des programmes pouvant troubler les moins de 12 ans, notamment lorsque leur scénario recourt de façon répétée et systématique à la violence physique ou psychologique). |
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Catégorie IV
Déconseillé aux moins de 16 ans ou Interdit en salle aux moins
de 16 ans(des programmes à caractère érotique ou de grande violence, susceptibles de nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral des moins de 16 ans). |
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Catégorie V
Déconseillé aux moins de 18 ans ou Interdit en salle aux moins
de 18 ans(des oeuvres cinématographiques interdites aux moins de 18 ans ainsi que des programmes pornographiques ou de très grande violence, réservés à un public adulte averti et susceptibles de nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral des moins de 18 ans). |
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Les conditions de programmation des programmes des différentes catégories
Catégorie II : les horaires de diffusion de ces programmes sont laissés à l'appréciation de la chaîne, étant entendu que cette diffusion ne peut intervenir dans les émissions destinées aux enfants.
Catégorie III : sur les chaînes autres que cinéma, ces programmes
ne doivent pas être diffusés avant 22h. À titre exceptionnel, il peut être
admis une diffusion de programmes de cette catégorie après 20h30, sauf les
mardis, vendredis, samedis, veilles de jours fériés et pendant les périodes
de vacances scolaires. Pour les œuvres cinématographiques interdites en salle
aux mineurs de 12 ans, le nombre de ces exceptions ne peut excéder quatre
par an.
Sur les chaînes cinéma, ces programmes ne doivent pas être diffusés
le mercredi avant 20h30.
Catégorie IV : réservés à un public averti, ces programmes ne peuvent être diffusés qu'après 22h30 sur les chaînes autres que cinéma, après 20h30 sur les chaînes cinéma.
Catégorie V : sauf sur les chaînes autorisées, ces programmes font
l'objet d'une interdiction totale de diffusion.
Pour les chaînes autorisées
à diffuser des programmes de catégorie V, possibilité qui n'est ouverte qu'aux
chaînes cinéma, aux chaînes cryptées ayant souscrit à des engagements de production
d'un niveau similaire à celui des chaînes cinéma ainsi qu'aux services de
paiement à la séance, la diffusion de ces programmes et de leurs bandes-annonces
ne peut intervenir ni dans les parties en clair ni entre 5h et 24h et, en
tout état de cause, doit respecter les dispositions législatives relatives
à la protection des mineurs.
À cet effet, l'éditeur s'assure que ces programmes
ne sont diffusés que par des distributeurs ayant mis en œuvre un dispositif
technique, opérationnel sur l'ensemble des terminaux d'accès, subordonnant
tout accès à un programme de catégorie V à la composition d'un code personnel.
Les modalités d'apparition à l'antenne de la signalétique
La signalétique doit être portée à la connaissance du public au moment de la diffusion de l'émission concernée, dans les bandes-annonces ainsi que dans les avant-programmes communiqués à la presse.
Programmes de catégorie II
Les conditions de programmation des bandes-annonces
Le pictogramme de la catégorie dans laquelle le programme est classé doit apparaître pendant toute la durée de la bande-annonce.
Pour les programmes de catégorie II
Il est recommandé à la chaîne de porter une attention particulière aux bandes-annonces
de ces programmes diffusées dans les émissions pour enfants ou à proximité
;
Pour les programmes de catégorie III
Les bandes-annonces ne doivent pas comporter de scènes susceptibles de heurter
la sensibilité du jeune public. Elles ne peuvent pas être diffusées à proximité
des émissions pour enfants ;
Pour les programmes de catégorie IV
Les bandes-annonces de ces programmes ne doivent pas comporter de scènes susceptibles
de heurter la sensibilité du jeune public. En outre, elles ne peuvent être
diffusées avant 20h30;
Pour les programmes de catégorie V
la diffusion des bandes-annonces ne peut intervenir que sur les chaînes autorisées
à diffuser ces programmes mais en aucun cas dans la partie en clair du programme
ni entre 5h et 24h.
La signalétique sur les chaînes jeunesse
La diffusion des vidéomusiques
Compte tenu de leur brièveté et de l'absence de bandes-annonces préalables
à leur diffusion, les vidéomusiques sont exonérées d'une classification systématique.
La signalétique doit cependant être utilisée pour avertir le public des programmes
qui regroupent des vidéomusiques selon des thématiques qui ne s'adressent
ni aux enfants ni aux adolescents.
Pour les vidéomusiques pouvant heurter
la sensibilité des plus jeunes, l'éditeur s'attache à les diffuser après 22h.
Renforcer la vigilance des adultes
L'objectif de la signalétique jeunesse est clair : il ne s'agit pas d'aseptiser le petit écran de toute représentation de violence ou d'érotisme mais de renforcer à la fois la vigilance des chaînes, grâce à la classification de chaque émission et au choix d'un horaire de diffusion approprié, et celle des parents, alertés par la présence d'un pictogramme sur les bandes-annonces, sur le programme lui-même ainsi que sur les annonces faites dans la presse.
L'efficacité du dispositif de la signalétique jeunesse dépend donc à la
fois de la cohérence et du sérieux de la classification effectuée par les
chaînes et de son bon usage par les adultes.
L'impact des programmes télévisés sur l'épanouissement des enfants et la construction
de leur personnalité a longtemps été sous-estimé en France. Mais depuis quelques
années, les travaux de pédiatres, de psychiatres et de psychanalystes qui
témoignent de l'impact perturbateur de certains programmes télévisés (mais
aussi de jeux vidéos, de films de cinéma, etc.) connaissent un large écho.
Cet impact est d'abord d'ordre psychologique : difficultés d'endormissement, stress, anxiété, honte. Confronté à des représentations de violence, d'atteinte à l'intégrité physique ou à la dignité des personnes, l'enfant élabore des stratégies de défense : désensibilisation à la violence, agressivité personnelle, voire agressivité de groupe. L'impact des programmes violents agit aussi sur la représentation que l'enfant se fait du monde : surévaluation de la violence dans la réalité, vision négative de l'avenir, tolérance plus grande à l'égard de comportements agressifs et sexistes.
Dans une société où les enfants ont un large accès aux médias, il est important que les adultes soient sensibilisés à ces enjeux. L'objectif de la signalétique est d'être un outil de protection des enfants et des adolescents, un moyen de protéger l'épanouissement de leur personnalité, de préserver leur équilibre affectif et psychologique, et de soutenir les adultes dans leur souci de veiller à la qualité des programmes regardés par les plus jeunes.
Ce dispositif fait appel à la responsabilité de tous : celle des diffuseurs,
qui ont l'entière maîtrise éditoriale des programmes ; celle des parents,
auxquels il appartient de veiller au choix des programmes que voient leurs
enfants ; celle des enseignants enfin, qui doivent éduquer les enfants à l'image.
La tâche du régulateur reste essentielle : elle est de s'assurer que soient
appliqués tous les dispositifs mis en œuvre pour la protection des mineurs.
Aussi le CSA veille-t-il au respect des règles définies ainsi qu'à l'application
de ses recommandations, en signalant aux chaînes les cas de désaccords et
sanctionnant le cas échéant les manquements graves. Le Conseil tient compte
et examine toutes les plaintes qu'il reçoit, que celles-ci émanent d'associations
de téléspectateurs, d'associations familiales ou de simples téléspectateurs.
Protection de l'enfance et de l'adolescence à la télévision Liste des programmes signalisés |
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| Pour les professionnels : | |
| Pictogrammes et avertissements de la signalétique pour une utilisation à l'antenne | |
| Pictogrammes et avertissements de la signalétique pour une utilisation sur document papier | |
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"A la télévision, vos enfants ne voient pas la même chose que vous" Le message diffusé en 2005 |
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