Les contenus choquants

Quels sont les risques des programmes violents pour vos enfants et comment les repérer ?
  • Les effets des images choquantes

    • Des conséquences multiples mais pas toujours visibles

      Parmi les conséquences que peuvent engendrer chez les enfants le visionnage de contenus choquants, on peut citer :

      -          difficultés à s’endormir

      -          cauchemars

      -          angoisses

      -          banalisation de la violence

      -          agressivité.

      Même si votre enfant ne manifeste aucune peur sur le moment, celle-ci peut ressurgir dans diverses situations, par exemple dans le noir ou dans son sommeil. Il est important que vous sachiez en repérer les signes, différents d’une enfant à l’autre, et que vous pensiez à faire le lien éventuel avec des images choquantes qu’il aurait pu voir.

  • Pour quelles raisons un programme peut-il être déconseillé aux plus jeunes ?

    • Les principaux critères pris en compte

      A la télévision, la violence physique ou morale peut prendre de nombreuses formes. Elle résulte notamment des éléments suivants :

      - des scènes violentes nombreuses ou difficiles (par leur réalisme, leur crudité, etc.) ;

      - leur caractère gratuit au scénario ;

      - l'utilisation scénaristique de la violence pour résoudre les conflits ;

      - la mise en scène, le traitement en image, le type de plan utilisé, le réalisme de la représentation, le traitement de la bande sonore (génératrice d'angoisse) ;

      - l'évocation de thèmes difficiles comme la drogue, le suicide, l'inceste, la violence conjugale ;

      - la violence envers les enfants ;

      - la représentation des actes sexuels ;

      - une image dégradante de la femme ;

      - la psychologie des personnages et les repères qu'elle offre à un public d'enfants ou d'adolescents (par exemple, une récompense pour des actes de violence) ;

      - le caractère du héros, ses mobiles, son recours à la violence ou à des comportements dangereux ou illégaux (drogue, etc.) ;

      - la présence d'enfants lors des scènes violentes.  

  • La signalétique jeunesse

    • Un classement par âge

      Les chaînes de télévision classent les programmes en cinq catégories, définies par le Conseil. Des pictogrammes vous permettent de les repérer.

      Programmes tous publics : ils n'ont pas de pictogramme distinctif. Il s’agit de la grande majorité des programmes. Sans risque pour les plus jeunes, ils peuvent être diffusés à tout moment de la journée.

      Programmes déconseillés aux -10 ans : ce sont les programmes qui comportent des scènes ou des thèmes qui risquent de choquer ou de perturber les plus jeunes. Ils peuvent être diffusés à tout moment de la journée, sauf au sein des émissions pour la jeunesse.

      Programmes déconseillés aux -12 ans : ceux qui risquent de perturber les repères d’un enfant de moins de 12 ans, notamment en raison d’une violence systématique et répétée ou de l’évocation de la sexualité adulte. Ils sont diffusés après 22 heures, ou exceptionnellement après 20 h 30 (sauf sur les chaînes cinéma et de paiement à la séance, soumises à un régime différent).

      Programmes déconseillés aux -16 ans : ceux qui risquent de perturber les repères des moins de 16 ans. Ce sont principalement les programmes érotiques et ceux qui présentent des scènes de violence particulièrement impressionnantes. Ils sont diffusés après 22 h 30 (sauf sur les chaînes cinéma et de paiement à la séance, soumises à un régime différent).

      Programmes déconseillés aux -18 ans : il s'agit des films interdits aux moins de 18 ans et des programmes pornographiques ou de très grande violence. Seules quelques chaînes (dont des chaînes cinéma et de paiement à la séance) sont autorisées à les diffuser, sous deux conditions : uniquement entre minuit et 5h du matin et avec un système de verrouillage permettant d’éviter que des mineurs y aient accès (code parental).

  • L'importance du dialogue

    • La télévision, c'est mieux quand on en parle

      Vous ne pouvez pas surveiller tout ce que votre enfant regarde. Mais s’il a été choqué, l’impact de l’image violente pourra être minimisé par le fait d’exprimer ce qu’il a ressenti. Mais il le fera rarement de sa propre initiative, parce qu’il peut avoir peur que l’on se moque de lui ou qu’on lui interdise la télévision ou, simplement, il peut s’être accoutumé à la violence. C’est pourquoi, vous devez lui proposer des moments d’échange où il aura la possibilité de parler de ce qu’il a vu et de ce qu’il en a pensé.

      S’il voit qu’un adulte s’intéresse à ce qu’il a ressenti, l’enfant osera davantage partager son émotion. Ce sera aussi l’occasion de consolider ses repères, sa représentation du normal et de l’anormal, du juste et de l’injuste.

      Quand vous pouvez, essayez de regarder la télévision et d’engager un dialogue avec lui, pour savoir s’il a peur ou s’il s’interroge et pour l’aider à développer son esprit critique.

  • Peut-on laisser un enfant regarder le journal télévisé ?

    • Un programme inadapté aux plus jeunes

      Avant 8 ans, seuls les programmes jeunesse sont adaptés aux enfants, et il est conseillé de ne pas les laisser regarder les journaux d’information.

      Les enfants ont le droit à l’information ; mais bien souvent, l’information généraliste des journaux télévisés n’est pas adaptée à leur sensibilité et peut les angoisser. C’est pourquoi, le présentateur doit prévenir clairement le public avant la diffusion d’images ou de témoignages difficilement soutenables. Ainsi, les plus jeunes peuvent être écartés de l’écran. Rien ne vous empêche d’évoquer oralement avec votre enfant, dans des termes adaptés à son âge, les événements marquants de l’actualité.

  • Comment faire face aux risques spécifiques liés à internet

    • Des repères pour protéger vos enfants sur les sites de médias à la demande

      Sur les nombreux sites de vidéos à la demande et de télévision de rattrapage, vous retrouvez la classification des vidéos selon la signalétique du CSA : -10, -12, -16, -18.

      Ces sites doivent aussi proposer un « espace de confiance » à usage des plus jeunes, constitué uniquement de vidéos « tous publics ».

    • Quelques précautions élémentaires

      Le CSA n’est pas compétent sur les autres sites internet, mais il tient à alerter sur les nombreux problèmes que pose internet et dont les parents doivent avoir conscience : possibilité de rencontre avec des inconnus sur des forums, des chats ou des sites communautaires, confrontation à des contenus illégaux (pédophiles, racistes, etc.) ou réservés aux adultes (pornographiques ou violents), dévoilement des données personnelles (nom, adresse, téléphone) sur des forums ou sur des sites, non-respect du droit de la presse (diffamation, injure, incitation à la haine, etc.) ou du droit à l’image (utilisation d’images de mineurs sans l’autorisation des parents) dans les blogs tenus par des mineurs engageant leur responsabilité et celle de ses parents, téléchargement illégal de fichiers, harcèlement en ligne etc.

      Mais il ne s’agit pas d’interdire à vos enfants d’utiliser internet, qui est également une source de connaissances et d’échanges. Il faut simplement veiller à ne pas les laisser sans contrôle devant un ordinateur, un smartphone ou une tablette connectés. Ce contrôle passe par l’installation d’un logiciel de contrôle parental, et surtout, par votre présence à leur côté lorsqu’ils naviguent afin de les guider vers des sites adaptés, mais aussi de partager leurs découvertes.