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Interventions publiques

Sélection des premières chaînes de la TMP et de la ville-pilote pour l'extinction de la télévision analogique


Date de publication sur le site : 9 juin 2008
Conférence de presse du mardi 27 mai 2008 au CSA.
tv

Deux sujets : la TMP et la ville-pilote pour l'extinction de la diffusion analogique


Intervenants :
 
- Michel BOYON, président du CSA
- Elisabeth FLÜRY-HERARD, présidente du groupe de travail des autorisations des nouveaux services de télévision numérique
- Alain MEAR, Président du groupe de travail sur la gestion de la ressource de la télévision numérique.
 
 
Michel Boyon – Mesdames, Messieurs, le Conseil vous remercie d'avoir répondu à son invitation.

Nous allons nous entretenir ensemble de deux sujets : le premier est celui des choix que le Conseil a faits pour la télévision mobile personnelle. Le second est le choix qu’a fait le Conseil pour déterminer la ville qui servira de premier site pilote pour l'extinction de la diffusion analogique de la télévision.

Nous allons commencer, si vous le voulez bien, par la TMP, puis le conseiller MEAR vous parlera du choix du site pilote.

Chacun a conscience que la télévision mobile personnelle, la TMP, est une nouvelle étape, une étape fondamentale, dans la révolution audiovisuelle numérique, nous avons conscience que les choix qui sont faits aujourd'hui sont importants et seront structurants pour l'avenir, en termes culturels, en termes sociaux, en termes économiques.

Ceci nous a guidés dans nos préoccupations et dans nos décisions.

Comme vous vous en souvenez, 36 projets avaient été présentés pour 13 places, puisque 16 canaux étaient ouverts sur le futur multiplex de la TMP, et le Gouvernement nous avait fait savoir qu'il en réserverait 3, conformément à la loi, pour les chaînes publiques. S’agissant de la liste de ces trois chaînes, nous en avons quelque idée, mais je n'ai évidemment pas le droit d'en parler, puisque le courrier qui doit donner cette liste n'a pas été encore signé. Je pense néanmoins que, d'ici, à 48 heures, cette liste devrait être officielle.

Donc, 16 moins 3 égal 13 : 36 dossiers, 36 candidatures pour 13 places. Ce n'était pas simple du tout ! L'un des dossiers a été retiré en cours de procédure, mais il en restait tout de même 35.

Au cours de cette phase d'instruction des dossiers, le Conseil a été très heureux de deux choses.

La première était la très grande qualité de beaucoup de projets, présentés de manière construite, structurée, très professionnelle. Ceci est tout à fait encourageant quant à l'état de santé de l'audiovisuel français.

D'autre part, le Conseil a été très heureux de la qualité des auditions auxquelles il a procédé dans cette même salle. Nous avons d'ailleurs eu l'occasion d'en parler entre certains d'entre nous, et de constater qu'effectivement, les auditions avaient été intéressantes, qu'elles avaient apporté des éclairages tout à fait utiles pour la préparation des décisions du Conseil, et qu'elles avaient été vraiment de qualité.

Je vais vous donner le palmarès ; nous avons donc décerné 13 palmes d'or.

Je vous en donne la liste, par ordre alphabétique.
- BFM TV (pour les journalistes, on commence par une chaîne d'information !)
- Canal+
- Direct 8
- EuropaCorp TV, qui est le projet présenté et soutenu par M. Luc BESSON.
- Eurosport
- I-Télé
- M6
- NRJ 12
- NT1
- Orange Sport
- TF1
- Virgin 17
- W9

Nous allons être, et nous le savons, vilipendés par tous ceux qui n'auront pas été retenus ; s'ils ne sont pas trop ingrats, nous serons adulés par ceux qui auront été retenus… C'est la loi du genre, et nous le savions !

Un petit mot de commentaire avant qu'Elisabeth FLÜRY-HERARD rappelle certains points et donne des indications sur l'avenir.

Le téléspectateur a été placé au coeur de notre processus de réflexion et de décision, c'est autour de lui que nous avons construit la sélection.

Que peut-on dire de cette sélection ? Qu’elle est un choix responsable, qu’elle est un choix constructif, et qu’elle est le choix de la pluralité.

Le choix responsable, il est tout simplement la conséquence du fait que la TMP, comme je le disais tout à l'heure, est une révolution, mais une révolution qui, comme beaucoup de révolutions, comporte des inconnues.

C'est une entreprise onéreuse, les coûts de diffusion, notamment, seront importants.

La TMP prend place dans un contexte de concurrence vorace.

Il faut donc bien avoir cela présent à l'esprit afin de mesurer ce que représente l'arrivée de la TMP dans notre paysage audiovisuel.

Le CSA croit profondément dans la réussite de la TMP. Il en a la conviction, et c'est bien pour cela qu'il a voulu lui donner toutes ses chances. C'est un peu la même démarche que celle qui avait été, il y a quelques années, à l'origine de la mise en place de la télévision numérique terrestre. Vous vous souvenez qu’en 2002, lorsque le Gouvernement a pris la décision de principe concernant le lancement de la TNT, il l'a fait sur la base –je le dis en toute immodestie- de ce que je lui avais écrit dans mon rapport, à savoir qu'il fallait donner sa chance à la TNT.

C'est le même esprit qui prévaut aujourd'hui pour la TMP, et donc les choix que nous avons faits sont inspirés par la volonté de donner toutes ses chances à la TMP et la volonté de faire en sorte que ce soit un succès rapide.

D'où la sélection, notamment, de chaînes à forte notoriété, des chaînes dont certains pourraient dire, qu'elles sont l'expression de marques, de chaînes à forte notoriété et de chaînes attractives pour le téléspectateur.

Quand on rassemble les 11 chaînes existantes dans la liste qui vous est communiquée, cela représente 48 % de l'audience nationale de la télévision. Cela ne signifie pas que nous avons pris la liste des audiences et que nous avons sélectionné les 11 chaînes les plus regardées, vous pourrez faire la comparaison si vous le voulez… Ces 48 % de l'audience nationale de la télévision représentent plus de 72 % de l'audience nationale des chaînes privées, donc nous avons fait un choix responsable, qui prend bien conscience des aspects économiques et financiers de la TMP.

C'est aussi un choix constructif, plaçant le téléspectateur au coeur de notre démarche. Nous nous sommes efforcés de veiller à ce que les projets retenus soient adaptés à la nature de la TMP, à ses caractéristiques, aux attentes de ce que l'on peut estimer être le public potentiel ou le public majoritairement potentiel de la TMP.

Par exemple, vous voyez que deux chaînes d'information ont été retenues, BFM TV et I-Télé.
Nous avons également pensé que la TMP était un support qui devait être fort utile pour le sport, d'où notre choix de deux chaînes sportives également, Orange Sport et Eurosport.

Nous souhaitions aussi trouver quelque chose de bien adapté à la nature de la TMP. Le caractère constructif du choix, on le constate dans deux innovations. La première est le projet Orange Sport, la seconde, est le projet EuropaCorp. Ce projet de Luc BESSON nous a impressionnés à la fois par son engagement au service de la production audiovisuelle et de la production cinématographique, la démarche très originale qui s'inscrit dans un ensemble, la volonté d'assurer une part sur l'antenne aux cultures urbaines, et j'ai presque envie de le dire aussi, par la localisation même des équipements qui entourent cette galaxie.

Notre choix est enfin, celui de la pluralité. La volonté de pluralité avait présidé aux choix faits par le CSA lorsqu'il avait accordé les autorisations de la TNT en deux phases. Le CSA se situe dans ce prolongement qu'est la recherche de la pluralité des opérateurs, ce qui est d'ailleurs une indication, et même plus qu'une indication, qui nous était donnée par la loi.

Vous pourrez constater qu'en particulier, nous avons limité à deux le nombre des chaînes appartenant à un même groupe, alors que le dispositif «anti-concentration» prévu par la loi permettait d'aller jusqu'à trois.

N'oublions pas que cette liste n'est qu'une première liste. Il y aura un second multiplex pour la TMP. Ce second multiplex arrivera d'autant plus rapidement que le premier sera un succès. Je le répète, nous croyons profondément dans ce succès.

Il y a de bons projets parmi ceux qui nous ont été présentés et que malheureusement nous n'avons pas pu retenir, des projets qui ont besoin d'être approfondis, dont la structure financière doit être consolidée, dont le contenu doit être renforcé et encore travaillé. Ce sont autant de projets qui ont toutes leurs chances dans le cadre d'un second appel à candidatures.

Elisabeth FLÜRY-HERARD va vous donner toutes les précisions sur ce calendrier. Pour ma part, je me bornerai à dire que le second appel à candidatures interviendra en 2009. Je ne peux pas en dire davantage, parce que ce calendrier est fonction de ce que vont décider et de ce que vont faire les candidats sélectionnés. C'est maintenant à eux de jouer.

Le CSA a fait son travail, il ne se désintéresse pas du processus, il fera tout pour que cela aille le plus rapidement possible, mais l’affaire est maintenant entre les mains des opérateurs : à eux de constituer la société de multiplex, à la société de multiplex et aux opérateurs de s'occuper de la mise en place du réseau de diffusion. Naturellement nous surveillerons cela, nous avons encore des actes à passer avec les opérateurs, des conventions à signer avec eux, des autorisations à leur donner, mais c'est maintenant sur eux, pour l'essentiel, que repose le lancement rapide de la TMP.

Elisabeth FLÜRY-HERARD - Merci, monsieur le Président. Je ne suis pas sûre d'avoir énormément de choses à ajouter, peut-être simplement pour rendre compte davantage de ce choix, très marqué par la nécessité de trouver des chaînes attractives, et rappeler la caractéristique de la TMP.

La TMP, c'est du Broadcast, qui par rapport à la télévision sur 3G actuellement disponible, a une immense qualité, c’est qu’elle n'est pas limitée par le nombre de personnes qui veulent la suivre. Comme chacun le sait, la 3G, c'est du point à point, et la TMP du Broadcast. Autant utiliser au maximum cette grande capacité de la TMP de pouvoir répondre à une très forte demande.

Les chaînes qui peuvent répondre à une très forte demande, a priori, sont d’abord des chaînes existantes, avec une audience affirmée. Voilà pour le choix, avec peut-être également aussi, l'importance de la priorité accordée par le Conseil aux chaînes gratuites, comme la loi le lui enjoint.

Pour l'avenir, le CSA souhaite aller maintenant aussi vite que possible pour la suite des événements.

Le Conseil adoptera donc, s'il lui convient, les projets de convention de la grande majorité des projets sélectionnés dès la semaine prochaine, de manière qu'ils soient envoyés dans les meilleurs délais aux opérateurs, et que les discussions pour chacune des conventions se passent dans les délais les plus rapides possibles. L'objectif est de pouvoir signer les conventions pour ces 13 chaînes avant la fin du mois de juillet, et de donner les autorisations correspondantes.

Je vois un froncement de sourcil de Philippe LEVRIER… C'est effectivement un vrai défi, pour parler français, mais le CSA fera le maximum pour réussir cela !

Pourquoi fera-t-on le maximum pour réussir cela ? Parce que la délivrance des autorisations permet d'ouvrir le délai pour la constitution du multiplex. Comme vous le savez, la loi prévoit un délai de deux mois pour la constitution du multiplex, et donc nous souhaitons que nous puissions avoir un accord pour la constitution du multiplex pour fin septembre. A partir de là, de par la loi, nous serons obligés de faire une consultation, j'espère très rapide, des opérateurs de télécommunication sur ce multiplex.

Et après cette consultation des opérateurs TELCO, nous pourrons donner l'autorisation du multiplex, je suppose et je l'espère, courant octobre.

Voilà donc le calendrier.

Quid du lancement effectif ?

Le lancement effectif va, bien entendu, dépendre de la rapidité de constitution du multiplex, et ensuite, il va dépendre d'une concertation qui aura lieu entre le CSA, les éditeurs de chaînes opérateurs de multiplex, pour déterminer la bonne date de lancement, sachant que celle-ci dépendra également de la couverture d’ores et déjà effectuée, donc des délais nécessaires pour réaliser la couverture, et celle-ci sera progressive.

Je vous rappelle que l’on a prévu que 30 % de la population devait être couverte après trois ans. Il y aura donc une couverture progressive de la population.

Le lancement de la TMP se fera donc par une première couverture. Rien que Paris, cela devrait signifier une couverture d'un peu plus de 11 %. Bien entendu, cela sera aussi fonction de la disponibilité des terminaux.

Le souhait du CSA est en tout cas clairement que ce lancement puisse se faire le plus rapidement possible.

Ensuite, à plus long terme, le deuxième multiplex. Bien entendu, il implique que le premier soit déjà lancé pour pouvoir justement tirer les leçons du lancement du premier multiplex.

Je pense qu'effectivement, fin 2009, on pourra d'ores et déjà avoir tous les éléments en main pour décider ce deuxième multiplex ; il revêtira une importance réelle.

Pourquoi ? Parce que comme il vous l’a été dit, le CSA a fait le choix de chaînes existantes, de marques installées, d'audiences reconnues, dans un premier choix.

Dans une deuxième phase, celle de l'ouverture du deuxième multiplex, d’une part, les coûts seront réduits, d'autre part, le parc sera installé. Le Conseil pourra donc élargir le choix à des chaînes plus nombreuses, éventuellement plus originales, avec des formats de plus en plus adaptés, et tenant compte des leçons que nous donnera le développement réel de la TMP et de ses usages à cette période.

Voilà, monsieur le Président, les principales choses que je voulais ajouter.

Michel Boyon - Merci beaucoup. Je vais donner la parole au Conseiller MEAR, qui va vous parler du choix du CSA concernant la première ville pilote pour l'extinction de la diffusion analogique de la télévision, en présence de Philippe LEVRIER, Président du Groupement d'intérêt public France Télé numérique.

Alain MEAR – Merci, monsieur le Président. La cérémonie de remise des prix, en l'occurrence du prix, du laurier d'or, si j'ose dire, continue, puisqu'il s'agit de vous dévoiler, non pas une plaque, c'est trop tôt, mais le nom de la ville pilote retenue pour cette première expérimentation d'extinction.

Je voudrais moi aussi associer Philippe LEVRIER à vos remerciements, monsieur le Président, puisqu'au sein du Comité de sélection que j'ai eu l'honneur de présider, il a tenu le rôle difficile de rapporteur instructeur -c'est un titre magique !

Je vous rappelle qu'étaient membres de ce Comité de sélection, outre le CSA et le GIP France Télé numérique, le CSN (Comité de stratégie numérique), le Ministère de la culture et les chaînes (TF1, France Télévisions, M6, Canal+ et Arte).

De quoi s'agit-il ? Il s’agit de commencer l'extinction, puisque le CSA, en accord total avec le GIP de Philippe LEVRIER, souhaite que la fin de l’année 2008 et l’année 2009 ne soient pas des années inutiles, des années perdues au regard de l'extinction.

Notre préoccupation est de dégager au plus vite des fréquences et d'avancer pour respecter cette date butoir et ce calendrier contraint, la date butoir du 30 novembre 2011.

Comment avons-nous procédé ? Je dirai sur la base d'une sorte de volontariat sollicité, c'est-à-dire que nous avons constitué un échantillon de dix villes répondant à deux caractéristiques essentielles : une population aux alentours de 10 000 habitants, soit en gros 3 500 à 4 000 foyers, et une population desservie par un seul émetteur.

Ces dix villes candidates ont été contactées par Philippe LEVRIER qui leur a remis un dossier, et sur ces dix villes "sollicitées", sept se sont portées candidates. Il s'agissait des villes de : Bernay dans l’Eure, Coulommiers en Seine-et-Marne, Doullens dans la Somme, Fougères en Ille-et-Vilaine, Is-sur-Tille en Côte d'Or, Paimpol dans les Côtes-d'Armor, et Quimperlé dans le Finistère, en l'occurrence le sud Finistère. Comme vous le voyez, beaucoup de villes bretonnes !

Nous avons établi des critères de sélection, des critères objectifs et qui sont essentiellement le degré de partenariat accepté par les élus, les édiles de ces communes, la faculté de mobilisation d'un tissu associatif dense, et notamment avec des associations de consommateurs, la structure de la population, notamment les populations vulnérables au changement, les personnes âgées, les personnes handicapées, au-delà des critères de ressources, la présence ou non d’antennistes qui vont jouer un grand rôle dans cette opération, la sociologie de l'habitat, donc la part de l'habitat collectif et de l'habitat individuel, etc. Tous ces critères n'ont pas été strictement pondérés de manière mathématique, mais en quelque sorte « mis dans un shaker » pour donner des notes.

Au terme de cet examen, le Comité de sélection qui s'est réuni ce matin a retenu… The winner is… : Coulommiers, dont le maire est M. Franck RIESTER, député-maire de Coulommiers, qui a été finalement retenue au terme de nos délibérations très ouvertes.

Quelle est la suite du calendrier ?

Cette ville va être inscrite dans le plan de la phase 7B, la phase d'extension. Il faut commencer par étendre, ce qui nous rappelle que le processus d'extinction est dans un premier temps consommateur de fréquences supplémentaires, il ne faut pas l'oublier, notamment en raison du simulcast.

L'opération va se dérouler entre automne 2008 et le printemps 2009.

Il y aura peut-être, après Coulommiers, une autre ville pilote, nous verrons cela dans les semaines qui viendront, sans doute une agglomération de 150 000 habitants, et enfin, après la parution du schéma d’extinction, nous entrerons dans le vif du sujet, avec au second semestre de 2009, l'extinction de deux régions. Puis, l'année suivante, de 10, puis de 12.

Comme vous le voyez, c'est une oeuvre difficile, délicate, de longue haleine qui s’ouvre devant nous, dans un calendrier particulièrement contraint.

Par ces opérations pilotes, il s’agit de préparer l'extinction ; je dirai qu’en éteignant, en créant le mouvement en marchant, cela permet de se faire la main pour voir les difficultés essentielles et de trouver les réponses pour améliorer la situation.

Voilà ce que je voulais dire très brièvement, en rappelant le nom du lauréat, la commune de Coulommiers, en Seine-et-Marne.



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