Interventions publiques


Renforcer la création audiovisuelle française

Date de publication sur le site : 26 juin 2007 Journée de la création TV, Paris, Palais du Luxembourg, le 25 juin 2007 |
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Introduction
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1. La mission du CSA ne se limite pas à une approche quantitative des obligations
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2. Quelle appréciation porter sur la création audiovisuelle française ?
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3. Face à ce phénomène, nous disposons de plusieurs opportunités pour renforcer la fiction française
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4. Le soutien de la réglementation ne suffit pas
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Introduction

Si le Conseil supérieur de l'audiovisuel est le gardien vigilant du respect par les chaînes de leurs obligations de financement et de diffusion d'oeuvres audiovisuelles, c'est parce qu'il a à coeur de promouvoir la création audiovisuelle française. Nous sommes tous conscients de l'extraordinaire créativité de notre industrie audiovisuelle, de la diversité de ses métiers, de son souci constant d'adéquation avec les attentes de nos concitoyens, de ses succès d'audience aussi. Mais, si je peux citer Louis la Brocante, Reporters, Chez Maupassant, Marie Besnard l'empoisonneuse ou encore Plus belle la vie, soyons également conscients d'un certain malaise dans la création audiovisuelle française, dont il convient de parler afin de trouver ensemble des solutions concrètes qui nous permettent d'exploiter pleinement notre potentiel culturel et professionnel. Les circonstances sont favorables : la création audiovisuelle bénéficie de magnifiques atouts, qui vont encore croître dans les années à venir avec la révolution numérique. Le Conseil veillera tout particulièrement à ce que les nouveaux services fassent une large place à la création audiovisuelle française, à ce qu'ils soient des lieux de créativité, d'innovation, d'expérimentation, ouverts à tous les talents.


1. La mission du CSA ne se limite pas à une approche quantitative des obligations

Vous connaissez les grands principes d'intérêt général qui ont conduit à la mise en place des mécanismes de quotas et de participations financières pour les éditeurs : la défense de la spécificité culturelle, la constitution et la valorisation du patrimoine, le développement d'une industrie de programmes indépendante, garante de la diversité de la création.
C'est dans cet esprit que le CSA maintient ses engagements en faveur des oeuvres audiovisuelles européennes et d'expression originale française.
Mais il veille aussi à moduler les obligations en fonction de la particularité des services, qu'elle soit éditoriale ou financière. Cela lui a permis : - de différencier la nature des oeuvres retenues au titre des obligations de production pour prendre en compte la diversité éditoriale des chaînes, grâce notamment aux régimes alternatifs et à celui des chaînes musicales ; - de proportionner l'effort des chaînes en faveur de la création à leur développement économique, avec une montée en charge progressive pour la TNT, le câble et le satellite ; - de favoriser certains genres par l'instauration de sous-quotas de production en faveur d'un ou de plusieurs types d'oeuvres audiovisuelles.
Le Conseil est particulièrement vigilant quant au respect de l'ensemble des obligations des diffuseurs. Si la majorité des chaînes est soucieuse de ce respect des obligations, il a dû, notamment sur le câble et le satellite, prononcer des mises en demeure en 2005.
Ces obligations sont un soutien puissant à la production audiovisuelle, qu'il s'agisse des quotas de diffusion ou de la participation des éditeurs au compte de soutien à l'industrie des programmes. Ainsi, en 2006, le COSIP a-t-il financé 835 heures de fiction (pour plus de 700 millions d'euros) et 1998 heures de documentaires (plus de 300 millions d'euros).


2. Quelle appréciation porter sur la création audiovisuelle française ?

Le CSA dispose d'un regard très complet et de nombreuses statistiques sur la création audiovisuelle. Depuis 2002, il participe activement aux travaux de l'Observatoire de la production audiovisuelle.
Avec 48 % des meilleures audiences, la fiction française se maintient à un niveau comparable à celui de 2005 (56 %) si l'on tient compte de l'effet Coupe du monde de football. Il est intéressant de noter le développement des fictions françaises de 26 minutes et plus encore de 52 minutes (8 % des meilleures audiences en 2006, aucune en 2005).
La fiction française peut faire d'excellents scores d'audience en proposant des séries proches du quotidien de nos concitoyens, des séries qui offrent un regard social réaliste, qui abordent les thèmes contemporains. Mais elle sait aussi tirer profit de notre patrimoine avec des productions historiques ou inspirées d'oeuvres littéraires qui réunissent de très nombreux téléspectateurs. Malgré ces succès, l'offensive de la fiction américaine contribue à remettre en cause la programmation des premières parties de soirée des grandes chaînes hertziennes.


3. Face à ce phénomène, nous disposons de plusieurs opportunités pour renforcer la fiction française

Les dispositions prévues dans la loi du 5 mars 2007 constituent un nouvel élan pour la création. D'abord, avec l'adaptation du compte de soutien aux nouvelles technologies. Ensuite, avec la contrepartie en matière d'investissements dans la production audiovisuelle fixée pour les chaînes qui pourront bénéficier d'un canal bonus numérique. Enfin, avec l'instauration d'une proportion significative d'oeuvres patrimoniales, que ce soit de fiction, d'animation, de documentaires de création, de spectacles vivants, dans l'obligation d'investissement des diffuseurs hertziens historiques. Cette proportion répondra à l'exigence d'une production de qualité. L'arrivée de la TNT représente un appel d'air pour la création audiovisuelle française. Avec 18 chaînes gratuites - et 10 payantes - contre 6 chaînes gratuites en analogique, la TNT représente une offre télévisuelle nouvelle extraordinaire pour nos concitoyens, comportant une diversité jamais connue dans notre paysage audiovisuel hertzien. Elle a un impact positif sur les programmes : les formats nouveaux, la diversité des lignes éditoriales sont de réels atouts pour les auteurs et les producteurs. C'est aussi une chance nouvelle en termes de soutien à la production. L'apport moyen de chacune des chaînes gratuites de la TNT s'établissait pour la première année (2005) à 2,4 millions d'euros contre 1,1 million d'euros pour les chaînes du câble et de la TNT payante. Cet effet se confirme en 2006, première année d'application des obligations de production pour les nouveaux entrants. Tous les progrès du numérique doivent être une potentialité pour la création audiovisuelle.
Grâce à la sélection de 7 chaînes pour la TNT en Ile-de-France, ce sont plus de 11 millions d'habitants qui vont bénéficier de télévisions de proximité, répondant à leurs attentes, reflétant leur diversité. Pour choisir les chaînes, le Conseil a utilisé trois mots-clefs : pluralisme, proximité, diversité. Pluralisme, avec des acteurs expérimentés de l'audiovisuel comme des projets associatifs, particulièrement créatifs ; c'est la première fois que des chaînes associatives seront ainsi présentes en télévision hertzienne. Proximité, avec le choix de chaînes dont les programmes auront un fort ancrage local et régional. Diversité, avec la sélection de chaînes aux contenus et aux cibles de publics très divers. C'est un choix qui va aussi permettre de privilégier des oeuvres audiovisuelles créatives, d'encourager les jeunes talents, de multiplier les formats. Cela est particulièrement vrai pour les chaînes associatives, très demandeuses de documentaires.
Pour la télévision mobile personnelle, le Conseil entend aussi aborder la question de la création audiovisuelle. Certains formats, notamment courts ou innovants, sont particulièrement adaptés à une "consommation mobile". C'est là encore une belle opportunité pour la création audiovisuelle.
Pour la télévision en haute définition, le Conseil a fixé dans son appel à candidatures des exigences ambitieuses de production et de diffusion de programmes - et notamment d'oeuvres audiovisuelles et cinématographiques - en haute définition réelle - dite aussi native - (en 2008, en moyenne hebdomadaire, au minimum 25 % des programmes diffusés entre 16 heures et 24 heures, puis 30 % à partir de 2009). Il se prononcera notamment en fonction des engagements supplémentaires que prendront les candidatures.
La directive européenne Services de médias audiovisuels doit bientôt être publiée. Elle insiste sur la nécessité d'une régulation de la vidéo à la demande. Il est évident que, dans le cadre de la transposition de cette directive, cette régulation doit être confiée à l'autorité indépendante qui a le plus d'expérience de l'audiovisuel, le CSA.


4. Le soutien de la réglementation ne suffit pas

Il faut que la fiction réponde aux exigences de qualité et de créativité.
Il faut améliorer les filières de formation aux métiers de l'audiovisuel.
Il faut développer un marché de la seconde diffusion. Le Conseil a publié en décembre 2006 une première approche sur la circulation des oeuvres entre les diffuseurs. La fluidité de cette circulation est une condition nécessaire de l'existence d'un véritable marché secondaire des droits de diffusion et le Conseil a pu mesurer l'influence des clauses contractuelles entre les chaînes dans les difficultés de circulation des oeuvres. Les défis de la création audiovisuelle française sont nombreux, mais nous savons que les énergies et les talents le sont tout autant. C'est justement l'utilité de la Journée de la création de réunir les pouvoirs publics, les professionnels, les organes de régulation, les entreprises, afin de trouver ensemble la meilleure manière de préserver et d'enrichir une création audiovisuelle dont la diversité et la qualité font honneur à notre culture.

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