| Date de publication sur le site : 30 novembre 2009 La Lettre du CSA n° 232 - Novembre 2009 |
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Il y a en français trois manières de poser une question. Dans le premier cas, le plus classique, l’interrogation est marquée par l’inversion du sujet et du verbe : Venez-vous ? Dans le deuxième cas, l’ordre sujet-verbe ne change pas, l’interrogation étant marquée par la locution « est-ce que » : Est-ce que vous venez ? Dans le troisième cas enfin, seule l’intonation distingue l’interrogation Vous venez ? de l’affirmation Vous venez.
Des téléspectateurs et des auditeurs reprochent régulièrement aux médias de n’employer que des interrogations intonatives et regrettent que l’inversion ait totalement disparu dans les propositions interrogatives directes.
Lorsqu’il s’agit d’une interrogation partielle (l’interrogation porte sur un élément de la phrase), le mot interrogatif, en tête de phrase, entraîne l’inversion du sujet et du verbe : Quand venez-vous ? La langue parlée familière a tendance à reporter le mot interrogatif en fin de phrase : Tu vas où ? pour aboutir à la formule propre aux « accros » du portable T’es où ?
Cette construction est fréquente dans les médias, avec les formulations disgracieuses : Vous en pensez quoi ? Vous en avez combien ? Elle est cependant supplantée par une autre tournure dans laquelle le mot interrogatif reste en tête de phrase sans entraîner l’inversion du sujet : Comment vous imaginez l’avenir ? Pourquoi les négociations ont échoué ? au lieu de « Comment imaginez-vous l’avenir ? », « Pourquoi les négociations ont-elles échoué ? »
Dans Le Bon Usage (1), Maurice Grevisse et André Goosse rappellent que ces interrogations partielles n’étaient pas rares au Moyen Âge mais qu’aujourd’hui, c’est un usage de la langue parlée familière, généralement considéré comme incorrect.
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(1) Le Bon Usage, Maurice Grevisse et André Goosse, 14e édition, De Boeck et Duculot, 2007.
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