| Date de publication sur le site : 6 novembre 2009 La Lettre du CSA n° 231 - Octobre 2009 |
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Les liaisons font partie des pièges les plus courants de la langue parlée. Elles suscitent de nombreuses lettres de téléspectateurs et d’auditeurs courroucés qui demandent au CSA de « faire en sorte qu’enfin on cesse de prendre tous les Français pour des analphabètes, quand on a le privilège de s’adresser à plusieurs millions de personnes ».
Il s’agit en fait d’éviter toutes les liaisons mal-t-à propos, c’est-à-dire :
- les pataquès (nom formé d’une façon ironique sur ce n’est pas-t-à moi, je ne sais pas-t-à qui est-ce). Cette faute de liaison constitue à substituer un s à un t final ou réciproquement : « les dix-huit-z-ouvrages, ils devraient-z-être, comme nous le disions-t-hier…» ;
- les cuirs, fautes de liaison par l’adjonction d’un t : « il s’est mis-t-à-expliquer... les relations qu’il aurait pu-t-avoir avec la presse… comment peut-on-t-oublier ces atrocités » ;
- les velours, fautes de liaison par adjonction d’un z : « les paysages nord-z-irlandais » et l’inévitable « aujourd’hui-z-encore ». Les fautes de liaison devant les adjectifs numéraux cardinaux qui, vingt et cent exceptés, doivent rester invariables ne s’expliquent pas toujours par une méconnaissance des règles d’accord mais s’apparentent bien souvent aux velours, le locuteur se laissant entraîner par le pluriel de l’article : « les quatre-z-enfants… les trois mille-z-arbres… les cinquante-z-autres pour cent ».
L’idéal serait évidemment de faire un parcours sans faute en déjouant tous les pièges des liaisons, mais il est aussi possible de se reprendre à l’antenne, comme le font certains journalistes et animateurs. L’autocorrection est une pratique appréciée des téléspectateurs et des auditeurs !