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La représentation de la diversité des origines à la télévision

Date de publication sur le site : 14 décembre 2005 La Lettre du CSA n° 190 - Décembre 2005 |
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Introduction
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Des chaînes conscientes de leur responsabilité
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Un constat d'insuffisante diversité sur les antennes
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Le refus de toute communautarisation, voire de la mise en place de quotas
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Les moyens dont se sont dotées les chaînes
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L'analyse par programme
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Les principales actions du CSA en faveur de la représentation à l'antenne de la diversité
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Introduction

À la demande du CSA, les chaînes, dans le rapport d'activité qu'elles lui communiquent chaque année, détaillent les programmes et les initiatives qui contribuent, sur leur antenne, à améliorer la représentation de la diversité des origines et des cultures de la communauté nationale. Dans leur bilan 2004, les chaînes hertziennes ont déclaré être conscientes du rôle qui leur incombait dans ce domaine. Après avoir renégocié en 2001 les conventions conclues avec TF1 et M6, en faisant figurer dans leurs conventions l'engagement de "prendre en considération dans la représentation à l'antenne, la diversité des origines et des cultures de la communauté nationale", le Conseil a demandé à l'ensemble des diffuseurs publics et privés de joindre, à leur rapport annuel d'exécution de leurs obligations et engagements, un bilan détaillant leurs programmes et initiatives contribuant à améliorer la représentation à l'antenne de la diversité des origines et des cultures de la communauté nationale.
Cette disposition a été introduite récemment dans toutes les conventions des chaînes hertziennes numériques et celles du câble et du satellite. Le Conseil demandera prochainement à ces chaînes un rapport sur leurs actions dans ce domaine, d'autant que ces chaînes ont montré qu'elles pouvaient initier des expérimentations intéressantes, notamment dans le choix des animateurs et des journalistes, en privilégiant une plus grande diversité de recrutement.
L'analyse de ces bilans dressés par les diffuseurs hertziens analogiques en 2004, au delà de leurs différences dans la forme, le style ou le niveau de précision des informations données, permet de dégager plusieurs constats.


Des chaînes conscientes de leur responsabilité

L'ensemble des chaînes a insisté sur la responsabilité qui leur incombait.
C'est ainsi que TF1 déclare qu'elle "reste consciente qu'elle a un rôle à jouer dans la recréation d'une partie du lien social en voie de désagrégation dans la France d'aujourd'hui, notamment dans les banlieues".
M6 insiste sur la double fonction des médias : "exemplaire : car ils présentent une image sociale et culturelle à laquelle la société tend à vouloir ressembler ; spéculaire : car elle est un miroir de la société dont elle est censée refléter la diversité des moeurs, des besoins et des préoccupations".


Un constat d'insuffisante diversité sur les antennes

Tout en revendiquant, dès 1999, un rôle pionnier parmi les diffuseurs sur ces questions, TF1, dans sa contribution pour l'année 2004, résume ainsi le constat : "les Français issus des minorités visibles souffrent autant de difficultés d'accès aux médias (qu'ils soient de presse écrite, de radio ou de télévision), que d'insuffisance de visibilité sur les antennes des diffuseurs hertziens".


Le refus de toute communautarisation, voire de la mise en place de quotas

Si les diffuseurs souhaitent refléter la dimension pluriculturelle de la France, ils refusent cependant le principe de la discrimination positive ou l'instauration de quotas. M6 considère que cette dernière "serait contraire à l'égalité des chances et aurait l'effet pervers, en légalisant la différence, de la stigmatiser davantage". La création de médias communautaires "va à l'encontre du credo républicain du vivre ensemble".


Les moyens dont se sont dotées les chaînes

Dans ce domaine, ce sont les chaînes publiques qui sont allées le plus loin avec le lancement, en janvier 2004, d'un "plan d'action positive pour l'intégration", suivi et coordonné par un délégué à l'intégration et à la diversité au sein de la holding France Télévisions. Ce plan comporte deux volets : l'un concerne les contenus éditoriaux et vise à offrir une meilleure visibilité de la diversité ; l'autre concerne les ressources humaines, afin d'ouvrir davantage aux populations d'origine extra-européenne l'accès à la formation, aux métiers de la télévision comme à la promotion des talents. Chacun de ces volets est suivi par deux cellules créées au sein de chaque chaîne du groupe, qui se réunissent chaque mois et rendent compte au président de France Télévisions des avancées de leurs travaux.
Par ailleurs, France Télévisions a décidé de consacrer, sur chacune de ses antennes, une semaine à l'intégration (du 26 au 31 janvier 2004), sous forme de documentaires, fictions et magazines.
Dans le cas de TF1, la chaîne évoque "plusieurs rencontres au cours de l'année 2004 entre la direction de la fiction et les représentants des associations issues des minorités visibles afin d'aborder les thématiques suivantes : détection de nouveaux talents parmi les comédiens issus des minorités visibles ; attentes de TF1 en termes de sujets ; formation d'auteurs issus des minorités visibles à l'écriture de scénarios de fiction". Elle explique également que "l'année 2004 s'est close par la mise en place de rencontres au plus haut niveau de TF1 avec l'ensemble des personnes intéressées par ces questions afin de dégager des priorités pour 2005 et de mettre en relief les difficultés rencontrées d'une manière générale dans la société française".
Quant à M6, elle évoque le fait que "les relations régulières instaurées avec l'association Convergences qui oeuvre pour l'émergence et la participation visible dans les domaines économiques et politiques des nouveaux talents issus de l'immigration se sont intensifiées en 2004 et des contacts ont été pris avec des associations, avec le Club Averroes ou encore l'AFIJ qui développe un programme d'équité à l'emploi à compétences et talents égaux pour favoriser l'insertion professionnelle des publics en difficulté, afin de favoriser et d'accélérer l'émergence d'un personnel qualifié issu de l'immigration".


L'analyse par programme

L'information Les chaînes publiques insistent particulièrement sur l'information. Elles soulignent le rôle des magazines d'information et d'actualité qui "ont informé, confronté les différents points de vue et contribué à dépassionner le débat sur des sujets souvent douloureux, dans le refus du repli communautaire". Parmi les sujets évoqués figurent la place de la religion dans la société, la situation réservée aux étrangers, la confrontation des cultures. Le bilan fourni par France Télévisions énumère pour les émissions Mots croisés (France 2), C dans l'air et Ripostes (France 5), les numéros qui ont porté sur ces sujets.
TF1 est la seule chaîne privée à noter que "en termes d'information, la rédaction de TF1 compte désormais un nombre non négligeable de journalistes-reporters issus des minorités visibles".
La fiction Ce genre est analysé, en détail, dans le bilan de chacune des chaînes.
TF1 indique "qu'un travail de fond a été lancé avec des producteurs et les agences de casting afin de mettre en avant des acteurs issus des minorités visibles dans les rôles de personnages occupant des professions honorables et identitaires : médecins, juges, policiers, avocats".
M6 cite à la fois des coproductions de fictions françaises (Léa Parker, Sami le Pion) et des fictions américaines comme Ma famille d'abord et Missing : disparus sans laisser de trace.
Dans le cas des chaînes publiques, il s'agit plutôt de fictions unitaires qui abordent ces questions sous un angle historique (L'homme qui venait d'ailleurs sur France 2, Le Pays des enfants perdus sur France 3) ou social (L'un contre l'autre, La Fonte des neiges sur France 3). France Télévisions considère en outre que des séries comme Fabien Cosma, Famille d'accueil, Le Camarguais, SOS 18 ou Plus belle la vie évoquent de "façon récurrente la question de l'intégration".
Le cinéma Canal+ détaille son rôle particulier avec une programmation qui a permis au public de voir des films comme Fureur, Travail d'Arabe, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, qui illustrent cette diversité des origines.
M6 met en avant sa politique de coproduction de films tels que La Squale, Fish et chips, Le Neveu, Marrakech express.
Les émissions de télé-réalité Seules TF1 et M6 en diffusent. Elles insistent sur le rôle que joue ce type d'émission. TF1 explique que "les émissions de télé-réalité, quel que soit leur genre (musical, aventure, rencontres), comportent systématiquement des candidats qui reflètent la diversité de la population française". M6 cite ses principales émissions de télé-réalité.
Le sport Le sport est un domaine sur lequel insiste Canal+ en donnant pour exemple "plus particulièrement Mourad Zeghidi, José Touré et Suraya Imvuti en qualité de journalistes sportifs à la rédaction, Luc Sonor et Waquir Mota en qualité de consultants sportifs".
Les magazines culturels Seules les chaînes publiques mettent en avant l'importance de ce type d'émission aux multiples apports : "travail de mémoire, retour sur l'Histoire, découverte des cultures, analyse de l'image et du sens des mots". Sont cités Double je sur France 2, émission faisant le portrait de personnalités qui, tout en conservant leur identité et leurs racines, ont adopté la langue et la culture françaises, certains numéros des émissions Campus, Envoyé spécial (France 2), Cultures et dépendances (France 3), Que dit la loi, Les Maternelles (France 5). Le bilan indique également des documentaires diffusés dans Contre-courant sur France 2, Chez moi la France sur France 3 ou sur France 5.
Le bilan fourni par France Télévisions donne une liste exhaustive de sujets de magazines culturels en précisant que "valoriser les cultures et les peuples venant d'ailleurs, c'est vouloir sortir d'une image trop souvent univoque et dévalorisante, et présenter de la personne immigrée autre chose que la figure d'un homme déraciné : le montrer riche d'une histoire et d'une culture ancestrales, inscrit dans une structure familiale et sociale". À ce titre sont énumérés un certain nombre de reportages dans Des racines et des ailes, Faut pas rêver, Thalassa.
Les programmes jeunesse M6 est la seule chaîne à avoir présenté ses actions dans ce type de programme. Elle indique dans son rapport : "Tous les dessins animés proposés dans le cadre des programmes jeunesse de la chaîne ont à coeur de mettre en scène des personnages d'origine ethnique et sociale diverses". La chaîne cite Funky Cops, Fly, Moi Willy et Wheel Squad.
Les émissions musicales M6 considère qu'elle "fait place à une très grande diversité musicale et donc ethnique, via les différents courants musicaux : rap, raï, R'n'B, zouk, ragga, reggae..."
Canal+ souligne également que des émissions musicales telles que Le Concert des 20 ans ou La Musicale ont permis d'illustrer la diversité des origines et des cultures de la communauté nationale.
Les émissions de divertissement Les réponses des diffuseurs ont porté tant sur les animateurs de ces émissions que sur la participation du public.
TF1 considère avoir poursuivi en 2004 les efforts menés dans ces émissions en renforçant "dans le public et parmi les candidats des émissions de jeux (Attention à la marche, À prendre ou à laisser notamment) la présence des participants issus des minorités visibles. Des thématiques favorables à l'intégration ont également été abordées. Attention à la marche a ainsi consacré une semaine de programmation à des émissions spéciales couples mixtes".
M6 énumère, pour sa part, les émissions de divertissement dont les animateurs sont issus de minorités visibles (Charly Nestor pour Hit Machine, Magloire pour C'est pas trop tôt, Karine Lima pour M6 Kid).
Canal+ met davantage en avant sa politique d'invitation dans des émissions de divertissement ou des magazines comme Le Grand Journal, En aparté, 20 h 10 pétantes, Nous ne sommes pas des anges, + clair.
Les émissions spécifiques France 3 a proposé des émissions spécifiquement liées au thème de l'intégration, se faisant l'écho "d'initiatives citoyennes favorisant l'intégration et la mixité sociale". Il s'agit particulièrement de l'émission C'est mieux ensemble, diffusée en 2004 les lundis, mardis, jeudis et vendredis à 9 h. En 2004, cette émission a proposé trente reportages traitant des efforts d'intégration de populations d'origine étrangère. Chaque sujet est détaillé dans le bilan fourni par France Télévisions. Le rapport cite également Ça nous regarde qui a succédé à Opération Télécité et qui propose 26 minutes d'expression libre à des jeunes vivant en banlieue ou dans des quartiers difficiles de Normandie, d'Île-de-France, du Centre, du Nord-Pas-de-Calais ou de Picardie.


Les principales actions du CSA en faveur de la représentation à l'antenne de la diversité

5 octobre 1999 Le Conseil reçoit en assemblée plénière le Collectif Égalité. 25 octobre 1999 Le Conseil écrit aux chaînes sur ce thème. 4 novembre 1999 Le Conseil écrit à Catherine Tasca, ministre de la Culture et de la Communication, pour demander un aménagement du cahier des missions et des charges des chaînes publiques sur ce sujet. 15 décembre 1999 Avis du CSA sur le projet de décret pour la modification du cahier des missions et des charges des chaînes publiques dans lequel le Conseil déplore "qu'aucune référence ne soit faite à la représentation à l'antenne des différentes composantes de la communauté nationale". 16 mai 2000 Avis du CSA sur le nouveau projet de décret modifiant le cahier des missions et des charges des chaînes publiques qui précise que, pour donner toute son efficacité aux dispositions envisagées, il conviendrait de prévoir "la représentation à l'antenne" des différentes composantes de la communauté nationale. Juin 2000 Publication dans La Lettre du CSA de la première étude quantitative sur le sujet.
2001 Renégociation des conventions de TF1 et de M6, avec intégration de nouvelles stipulations sur la diversité des origines à l'antenne. 25 novembre 2003 Réunion avec le Haut Conseil à l'Intégration au cours de laquelle le Conseil s'engage sur les quatre points suivants : - demander un rapport annuel aux chaînes ; - demander l'alignement des textes applicables aux chaînes publiques sur ceux des chaînes privées ; - établir des comparaisons avec les pays étrangers ; - organiser conjointement un colloque. 17 décembre 2003 Lettre du Conseil au ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon, demandant l'alignement des dispositions des cahiers des missions et des charges des chaînes publiques sur celles des conventions des chaînes privées. 30 janvier 2004 Le Conseil écrit à l'ensemble des chaînes pour leur demander un bilan sur le sujet. 26 avril 2004 Organisation, en partenariat avec le HCI, du colloque Écrans pâles ? Diversité culturelle et culture commune dans l'audiovisuel, à l'Institut du monde arabe à Paris. Discours d'ouverture par le président du CSA. Avril 2004 Publication, dans La Lettre du CSA, d'un dossier sur les dispositions adoptées dans plusieurs pays sur la représentation de la diversité des origines à la télévision. 18 mars 2005 Avis du CSA sur le cahier des missions et des charges de France 4 et nouvelle demande sur l'alignement des cahiers des missions et des charges. 22 novembre 2005 Le président du CSA participe à la réunion organisée par le président de la République en faveur d'une meilleure représentation de la diversité de la communauté nationale dans les médias.

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