Conseil supérieur de l’audiovisuel – le site du CSA

Vous êtes


Imprimer

Communiqués de presse

Bilan 1989 d'Antenne 2 et FR3


Date de publication sur le site : 6 juillet 1990
Communiqué n° 87 du 6 juillet 1990
tv

Conformément à la loi du 2 août 1989 relative à la présidence commune d'Antenne 2 et FR3, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a procédé, le 10 août 1989, à la nomination du président commun aux deux chaînes, et a désigné M. Philippe Guilhaume.
L'objectif de cette loi est, par l'institution d'une présidence commune à Antenne 2 et FR3, de permettre le développement d'une meilleure synergie de l'activité des deux sociétés, la mise en oeuvre de leur complémentarité et l'harmonisation de leurs programmes afin de redonner sa dynamique au service public de l'audiovisuel.
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a examiner les bilans des deux sociétés pour l'exercice 1989 au regard de leur actuel cahier des charges, mais aussi des engagements pris par M. Philippe Guilhaume lors de l'audition qui a précédé sa désignation.
A cet égard, le Conseil observe que les dispositions permanentes des cahiers des charges des deux chaînes, qui n'ont pas été modifiées depuis 1987, apparaissent sur certains points inadaptées (s'agissant par exemple de la durée maximale des messages publicitaires sur FR3 ou de la couverture des travaux des assemblées régionales). Il note par ailleurs que les dispositions annuelles, qui précisent un certain nombre d'obligations importantes (coproductions d'oeuvres cinématographiques, commandes d'oeuvres d'animation, etc...) n'ont pas été réactualisées depuis 1986.
Quant aux engagements pris par le nouveau président, seuls certains d'entre eux pouvaient connaître un début d'exécution au cours des derniers mois de l'année 1989. Il s'agit principalement de l'harmonisation des programmes d'Antenne 2 et de FR3 et de l'augmentation de la part des oeuvres audiovisuelles d'origine française dans la programmation. Le Conseil a donc tenu compte de ces deux critères d'évaluation dans son examen du bilan des deux chaînes. Il a également pris en considération leurs résultats d'audience et dressé l'état de leur situation financière.
I - Antenne 2
A. Situation financière
Les comptes de l'exercice font apparaître une perte de 329,2 MF (résultat net), soit un solde négatif cumulé de 429,1 MF pour les deux derniers exercices.
Les recettes publicitaires enregistrent une moins-value de 344,2 MF par rapport à l'objectif inscrit au budget, dont 266,4 MF pour la publicité de marques et 77,8 MF pour la publicité collective.
Les écarts constatés paraissent directement liés à la baisse de l'audience entre 1988 et 1989, et pour ce qui concerne la publicité collective, traduisent une confirmation de la tendance, apparue dès 1988, au désengagement des annonceurs.
En revanche, les recettes de parrainage atteignent 97,9 MF, soit une plus-value de 37 MF sur les objectifs.
B. Programmes et production
En ce qui concerne la programmation, le Conseil avait, lors du bilan 1988 d'Antenne 2, formulé un certain nombre de remarques concernant, d'une part, les oeuvres d'expression originale française dans les programmes pour la jeunesse, d'autre part, le parrainage.
Pour les programmes jeunesse, l'année 1989 révèle une légère progression de la part de programmes d'animation française (qui représente 39 % au lieu de 31 % en 1988) et communautaire (41 % au lieu de 34 % en 1988).
Quant au parrainage, l'article 48 de la loi du 30 septembre 1986 ne l'autorise que pour les émissions correspondant à la mission éducative, culturelle et sociale de la société. Le Conseil constate que certaines émissions parrainées ne correspondent pas à cette mission. Il relève toutefois une certaine moralisation du parrainage en fin d'année dans la présentation des lots offerts au cours des émissions de jeux.
La structure du programme laisse entrevoir quelques avancées positives :
- augmentation de l'offre de documentaires et magazines (+ 162h sur l'année)
- augmentation de la fiction pour la jeunesse (+ 56h sur l'année).
Il faut également relever une progression sensible (25 %) du volume horaire d'oeuvres d'expression originale française (fictions et documentaires) en première diffusion, qui passe de 336 heures en 1988 à 442 heures pour l'année 1989.
En revanche, en ce qui concerne la production, les commandes d'oeuvres d'expression originale française qui représentaient en 1988 un investissement de 544,32 MF, connaissent une légère contraction et s'élèvent pour 1989 à 527,212 MF.
Au chapitre du pluralisme de l'information, le Conseil a constaté des déséquilibres dans les temps de parole accordés aux différentes organisations syndicales.
Pour le reste, la programmation de la chaîne a convenablement répondu à l'ensemble des obligations contenues dans le cahier des charges.
L'audience de la chaîne n'a pas connu de signes d'embellie durant l'année : la part d'audience a continué de s'éroder lentement, se situant en moyenne annuelle aux alentours de 24 %.
Il est vrai que la physionomie des programmes n'a guère été modifiée que par quelques ajustements ponctuels.
En ce qui concerne l'harmonisation des programmes, quelques initiatives ont été prises à la rentrée 1989, mais leur portée est restée limitée, la réflexion sur l'identité et le projet de chacune des deux chaînes n'ayant pas encore abouti. Dans les faits, l'harmonisation n'a consisté, en 1989, qu'en des déplacements de cases horaires sur la grille, déplacements qui, au demeurant, n'ont pas été toujours judicieux.
S'agissant de la part des oeuvres d'expression originale française dans les programmes, le cahier des charges d'Antenne 2 ne lui impose actuellement le respect de ses quotas qu'aux heures de grande écoute (de 12 h à 14 h et de 19 h jusqu'à la fin du programme) et non sur l'ensemble de sa programmation.
C'est seulement avec l'entrée en vigueur du décret de janvier 1990 et pour le bilan 1990 que le respect des quotas portera sur l'ensemble du programme.
Sur l'ensemble de la journée, les oeuvres d'expression originale française ne représentent que 40,8 % des oeuvres diffusées et les oeuvres originaires de la CEE 49,7 %. Ces résultats sont insuffisants au regard des engagements pris en ce domaine par le nouveau président.
Enfin, il convient de souligner que les changements d'horaires de certaines émissions, ainsi que la programmation dans certains créneaux horaires (19h30) d'émissions de qualité médiocre, n'ont pas permis la reconquête, par la chaîne de service public, d'une audience plus large.
Soucieux de voir Antenne 2 s'engager de manière décisive et durable dans la voie qui lui permettra de mieux répondre à sa mission, le Conseil souhaite que des modifications importantes de la grille de programmes faisant une plus grande place à l'imagination, à la créativité et à l'innovation interviennent rapidement.
II. FR3
A. Situation financière
Le solde positif de l'exercice 1989 s'élève à 2,7 MF.
1 - Les recettes de la société s'élèvent à 3 267,1 MF, présentant par rapport à l'objectif une plus-value globale de 199,8 MF.
Il convient notamment de souligner :
- les résultats satisfaisants en publicité de marques (405 MF), l'objectif fixé par la loi de finances (375,3 MF) ayant été atteint dès le 30 novembre 1989 et le montant des recettes afférentes aux écrans régionalisés (82,3 MF) s'inscrivant en hausse de 22 % par rapport à 1988 ;
- une plus-value de 2,9 MF sur la publicité collective compensée par une moins-value de 1,8 MF en matière de parrainage par rapport à l'objectif prévu de 30 MF ;
- une valorisation des stocks de programmes (41,8 MF) ;
- des recettes commerciales dégageant un résultat (216,1 MF) très supérieur à la prévision initiale (54,8 MF).
Deux observations doivent cependant être faites sur ce dernier poste :
- les recettes de coproduction, qui représentent 146,3 MF, sont en réalité des refacturations de charges par FR3 (lorsque la chaîne est producteur exécutif ou prestataire), et non pas des recettes nettes ;
- les recettes résultant d'une activité commerciale proprement dite s'établissent à environ 70 MF (au sein desquelles le chiffre d'affaires d'Espace 3 représente 16,5 MF).
Le budget de la chaîne, ainsi que le bilan, devront à l'avenir être plus transparents sur ce point.
2 - Les dépenses de l'exercice (3 264,4 MF) ont été globalement supérieures aux prévisions (3 067,3 MF). L'écart est imputable aux frais de personnel permanent (mesures salariales ou de carrière intervenues au second semestre, recours accru à des personnels non permanents en régions), ainsi qu'à la forte hausse des coûts directs (régions, information nationale, programme national).
B. Programmes et production
En 1989, FR3 a consacré une part très satisfaisante de sa programmation aux émissions à caractère documentaire. Celles-ci ont en effet représenté 26 % du programme (soit, en volume horaire, une augmentation de 53 % par rapport à l'année précédente).
On constate également une nette progression des pourcentages d'oeuvres audiovisuelles d'origine communautaire (76 % contre 64 % en 1988) et d'expression originale française (63,1 % contre 52,7 % l'année précédente).
L'audience de la chaîne a légèrement progressé au cours des derniers mois de l'exercice passant de 9,3 % en juillet à 11 % en décembre, la moyenne annuelle se situant à 10,3 %.
Au chapitre de la contribution de FR3 à la production d'oeuvres audiovisuelles, le volume de commandes d'oeuvres audiovisuelles est en augmentation par rapport à l'exercice précédent (338,9 MF contre 303,5 MF en 1988). La progression la plus sensible concerne les oeuvres d'animation (+10,6 MF).
En revanche, la participation de la chaîne à des coproductions cinématographiques est en retrait par rapport à 1988, tant en nombre de films (11 au lieu de 12) qu'en volume financier (55 MF contre 69,5 MF en 1988). Ce retrait est d'autant plus regrettable que la chaîne devra en vertu du décret du 17 janvier 1990 consacrer dès l'année 1991 un effort beaucoup plus important en faveur des coproductions d'oeuvres cinématographiques.
Depuis plusieurs années, FR3 affecte un budget important à des commandes d'oeuvres d'animation. Les programmes diffusés par la chaîne commencent à témoigner de cet effort. Toutefois les oeuvres d'expression originale française ne représentent toujours pas une part majoritaire parmi les programmes de fiction ou d'animation proposés au jeune public (31 % pour les oeuvres d'animation, 40 % pour les oeuvres de fiction). A cette occasion, le Conseil supérieur de l'audiovisuel rappelle qu'il attend des sociétés nationales de programme un effort accru dans ce domaine.
S'agissant de la publicité, le Conseil demande à FR3 de veiller à ce que la programmation des messages publicitaires dans les écrans nationaux et régionaux ne dépasse pas la limite fixée par le cahier des charges, tout en relevant que ce plafond (10 minutes) est plus rigoureux que celui des autres chaînes publique et privées (12 minutes). En ce qui concerne le parrainage, le Conseil demande qu'il soit mis fin à toute formule de parrainage d'émission qui s'écarterait des dispositions contenues dans la décision de la CNCL du 7 décembre 1987 qui s'applique aux sociétés nationales de programme.
En matière de pluralisme, FR3 doit veiller à ce que l'expression des différentes organisations syndicales soit équilibrée, ce qui n'a pas été le cas en 1989.
Enfin, le Conseil souhaite que FR3 prête une plus grande attention à certaines dispositions du cahier des charges qui définissent des éléments importants de sa mission de service public (retransmissions des travaux parlementaires, formation professionnelle).
Le Conseil attend également de FR3 que soit engagée au cours de l'année 1990 une politique de la chaîne visant une meilleure participation des structures régionales à la programmation nationale.
III - Présidence commune
Par ailleurs le CSA a reçu le 5 juillet 1990 le président Philippe Guilhaume pour procéder à un premier bilan de l'application de la loi du 2 août 1989 relative à la présidence commune d'Antenne 2 et FR3.
L'audition a porté notamment sur la gestion des deux chaînes et les programmes. Le CSA a manifesté son inquiétude devant l'absence de coordination entre les directeurs de chaînes et les régies publicitaires. Il a également demandé au président, que soit précisée rapidement l'orientation de la politique de production et de création dans le service public.
IV - Conclusion
En conclusion, le Conseil appelle l'attention du président d'Antenne 2 et FR3 sur la nécessité de mener à bien une meilleure harmonisation des programmes des deux chaînes non seulement à travers la complémentarité de leur programmation, mais aussi par une affirmation plus nette de l'identité de chacune d'entre elles.
Il entend que les deux sociétés respectent scrupuleusement les règles relatives au parrainage.
Enfin, le Conseil estime nécessaire que les contrats d'objectifs et les nouveaux cahiers des charges soient élaborés et lui soient soumis dans les meilleurs délais.



Contact presse :

Retour

Voir aussi

Plan du site | Crédits et mentions légales| Postes à pourvoir | Contact | RSS