L'accessibilité des programmes

Principes de fonctionnement

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Création d’un contenu d’audiodescription

L’élaboration de l’audiodescription est une tâche difficile qui implique un long travail de préparation, ce qui exclut d’audiodécrire des programmes en direct. Chaque description est écrite pour se positionner confortablement dans les espaces disponibles, tout en conservant l’intégrité de l’œuvre. Dès que le script est rédigé et complet, il est enregistré.

Si la description doit être positionnée dans des espaces sans dialogue, afin de protéger ceux-ci, cela ne signifie pas pour autant qu’il faut attendre les seuls silences du programme, souvent peu nombreux. Ainsi par exemple, un fond musical peut parfois présenter un volume sonore élevé, difficilement compatible avec la description de scène. Pour cette raison, un système utilisé au Royaume-Uni permet, grâce aux informations de contrôle utilisées par le récepteur, de réduire le volume sonore du programme durant les passages de description pour faciliter l’audibilité du passage audiodécrit. Le niveau de réduction du volume sonore du programme est variable et réglé durant le processus de création de la piste d’audiodescription.

Une description exhaustive est impossible et non souhaitée, car elle peut noyer l’information utile dans une multitude de détails non pertinents. L’habilité du descripteur à sélectionner les éléments visuels à décrire est donc essentielle. Quand le descripteur dispose de suffisamment de temps, il peut décrire plus en détail l’action, l’atmosphère ou encore l’apparition de personnages. Il est enfin possible de laisser des pauses ou des moments silencieux dans le film ou le reportage sans audiodescription, quand celle-ci n’apporte que peu d’information réellement utile.

Afin d’encadrer l’audiodescription, une charte a été mise au point par des professionnels, sous l’égide de la délégation interministérielle aux personnes handicapées. Cette charte, dont l’objectif est de constituer un cadre de référence pour les professionnels, avec des règles précises de qualité et de déontologie pour garantir un résultat qui satisfasse les créateurs et les utilisateurs, a été notamment signée par le Conseil lors d’une conférence de presse en décembre 2008.

Diffusion de l’audiodescription en Télévision Numérique Terrestre

Sur la TNT, deux techniques de diffusion numérique de l’audiodescription existent :

  • technique dite "broadcaster-mix" : une piste audio supplémentaire pré-mixée contient à la fois la composante audio principale et la description de scène ;
  • technique dite "receiver-mix" : une piste audio supplémentaire ne contient que la description de scène qui sera mixée dans le récepteur avec la piste audio principale.

Audiodescription selon le mode « broadcaster-mix »

Cette technique met en œuvre un pré-mixage de la composante sonore principale du programme et de la description de scène au niveau du centre de diffusion ou au niveau de la tête de réseau de codage. En diffusion numérique, la composante audio pré-mixée selon cette technique est codée comme une composante sonore "classique". Le mode "broadcaster-mix" nécessite en général un débit variant d’une centaine de kbit/s à 256 kbit/s selon le type de codage retenu (MPEG-1 Layer II, AC3, E_AC3, HE-AAC). Un tel débit en pré-mixage est nécessaire afin de garantir la clarté d’écoute de la composante d’audiodescription associé au programme.
 Au niveau de la réception, le téléspectateur doit sélectionner la composante d’audiodescription pré-mixée plutôt que la composante sonore habituelle du programme. Dans ce cas, aucun équipement de décodage additionnel n’est nécessaire au niveau du récepteur TNT mais le téléspectateur ne peut toutefois pas ajuster le volume des passages de description de scène. Cette solution permet une compatibilité immédiate avec une grande partie du parc de récepteurs TNT actuellement déployés, comme le prouve la pratique qu’en ont les éditeurs TF1, France 2, M6 et Arte, ce dernier ayant une longue habitude de l’audiodescription héritée de la diffusion analogique, où il utilisait la piste audio allemande pour transmettre le flux audiodécrit selon une méthode s’apparentant au mode "broadcaster-mix".

Audiodescription selon le mode « receiver-mix »

Dans le cadre de la technique "receiver-mix", seule la composante audio de description de scène est diffusée en complément de la composante audio principale à destination des récepteurs TNT correctement équipés. Au niveau du récepteur, voire même déporté sur des casques ad hoc pour le seul profit des téléspectateurs aveugles ou malvoyants, un mixage entre la composante sonore principale du programme et de la description scène est réalisé.

Cette technique, utilisée par exemple au Royaume-Uni sur la TNT, nécessite des fonctionnalités additionnelles dans le récepteur. Elle a été standardisée par l’ETSI (European Telecommunications Standards Institute) et est considérée comme une bonne approche, par l’Union Européenne de Radio-télévision (UER), pour acheminer un signal d’audiodescription. En effet, cette technique s’avère plus efficace en terme de débits et donc d’occupation de la ressource hertzienne.

Le profil de signalisation de la TNT établi par le Conseil décrit avec précision les caractéristiques techniques de ces deux modes de diffusion de l’audiodescription. Ce document permet à l’ensemble des acteurs du secteur (éditeurs, diffuseurs et fabricants de récepteurs) de paramétrer leurs équipements afin que les signaux diffusés soient correctement interprétés par le parc de récepteurs déployés ou en vente.

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