Jeunesse et protection des mineurs

L'impact de la télévision

La télévision et le développement de l’enfant

Avant 3 ans

Le tout-petit enfant a besoin d’agir sur le monde pour se construire. La télévision le place dans une position passive qui peut nuire à son développement. Les spécialistes de l’enfance la déconseillent formellement, même dans le cas d’émissions conçues spécialement pour les moins de trois ans.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page consacrée à la protection spécifique des tout-petits.  

Entre 3 et 6 ans

Après 3 ans, le fait de regarder des émissions adaptées à vocation éducative peut stimuler certaines capacités de l’enfant comme la mémoire ou la reconnaissance des lettres de l’alphabet.

Le visionnage de 10 minutes de programmes représente déjà un temps de concentration élevé pour un tout-petit. Il est conseillé de privilégier des sessions courtes, avec la possibilité de revoir plusieurs fois le même programme afin de comprendre l’action et les intentions des personnages, ce que ne permet pas le fait de « zapper » entre plusieurs émissions.

L’enfant âgé de 3 à 6 ans réagit avec sa sensibilité. Une vigilance particulière sur ce qu’il regarde est requise, car il n’a pas de recul par rapport aux images et ne percevra pas la différence par exemple entre une publicité et un programme ou encore entre la fiction et la réalité : il considèrera comme réelles les images effrayantes qu’il aura vues, sans avoir les mots pour exprimer ce qu’il ressent. D’où l’importance de dialoguer avec lui.

Entre 6 et 10 ans

La pensée de l’enfant se construit et lui permet de faire le lien entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Dès 6 ans par exemple, l’enfant commence à analyser, à comprendre. Il commence à avoir une certaine expérience des images et peut les commenter. Il pourrait également vouloir montrer qu’il est capable d’imiter ce qu’il a vu. D’où la nécessité de lui expliquer qu’il ne doit pas reproduire ce qu’il voit à la télévision, et de respecter sa sensibilité de jeune enfant en privilégiant le visionnage de programmes pour la jeunesse.

Jusqu’à huit ans, un enfant ne devrait regarder que des émissions conçues pour la jeunesse ; le journal télévisé, en particulier, n’est pas adapté à sa sensibilité.

Après 10 ans

Entre 10 et 12 ans, l’enfant commence à vouloir accéder de manière plus autonome aux images. Il veut diversifier les programmes qu’il regarde, continuer à regarder des programmes jeunesse mais également des programmes tous publics, ainsi que ceux déconseillés aux moins de 10 ans. Il est important de l’accompagner dans le choix de ces programmes, de lui apprendre à sélectionner ceux qui lui conviennent en devenant ainsi un téléspectateur actif.

De plus, à l’adolescence, il souhaite supporter certains contenus violents, même s’il n’en est pas émotionnellement capable. Même à cet âge et en dépit des facilités d’accès aux images dont disposent les adolescents, maintenez le dialogue avec eux sur ce qu’ils regardent ou écoutent, apprenez-leur à choisir ce qui correspond à leurs goûts et à leur sensibilité.

Les effets des images choquantes

À la télévision, nos enfants ne voient pas la même chose que nous et cela peut engendrer certains troubles :

  • difficultés à s’endormir
  • cauchemars
  • angoisses
  • banalisation de la violence
  • agressivité.

Même si votre enfant ne manifeste aucun signe de peur au moment où il voit une image qui le choque, ce qu’il a vécu peut ressurgir dans diverses situations, une fois la lumière éteinte par exemple ou dans son sommeil. Chaque enfant communique différemment avec ses parents. Il est donc important que vous sachiez repérer les signes et que vous pensiez à faire le lien avec des images qu’il aurait pu voir si cette peur trouve sa cause dans un programme.

Patrice Huerre, pédopsychiatre, témoigne en vidéo de l'impact des images violentes sur le jeune téléspectateur et rappelle que la violence n’est pas la même pour tous 

Impact des images violentes

La violence est-elle la même pour tous ?

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