Jeunesse et protection des mineurs

Les six conseils clés pour les parents

« Les parents doivent formuler leurs exigences en termes de choix d’émissions, de temps passé et de moment consacré à regarder la télévision, en concertation avec l’enfant et en cohérence avec leurs principes éducatifs » (Extrait de Écrans et médias, une affaire de famille. Guide parental de l’Union nationale des associations familiales - Unaf, 2004). Face à l’offre des médias, parfois fascinante et parfois dangereuse, le rôle des parents est de donner de bonnes habitudes au jeune téléspectateur.

Le rôle des parents

Patrice Huerre, pédopsychiatre, évoque ici en vidéo le rôle des parents.

Pas d’écran avant trois ans

La télévision n’est pas adaptée aux enfants de moins de 3 ans qui ont besoin d’interagir avec les personnes et les objets qui les entourent.

Entre 3 et 6 ans, il est nécessaire de privilégier des sessions courtes de visionnage de programmes conçus pour les tout-petits.

Avant huit ans, seulement des programmes pour enfants

 Jusqu’à 8 ans, seuls les programmes jeunesse leur sont adaptés. Il peut s’agir d’animation, de films pour enfants mais aussi d’émissions éducatives ou de documentaires. Toutefois, il faut limiter la durée des séances de visionnage et choisir avec eux les émissions qu’ils peuvent regarder afin de leur apprendre à se repérer dans une offre de programmes.

Les enfants peuvent-ils regarder le JT ?

Il est également conseillé d’éviter de regarder le journal télévisé avec un enfant de moins de 8 ans car la violence réelle peut le toucher encore plus que la fiction : ici, Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, répond en vidéo à la question de savoir si les enfants peuvent regarder le JT.

Entre 8 et 10 ans, privilégiez les programmes jeunesse et les programmes tous publics et essayez de regarder la télévision avec votre enfant.

A partir de l’âge de 10 ans, vous pouvez diversifier le contenu des programmes visionnés tout en restant vigilant quant au respect des différentes catégories de la signalétique jeunesse.

Limitons le temps passé devant l’écran

De manière générale, évitez que votre enfant ne passe chaque jour un temps excessif devant la télévision, essayez de regarder la télévision avec lui afin de pouvoir dialoguer avec lui s’il a peur ou s’il s’interroge. Vous pouvez également développer son esprit critique en discutant avec lui.

Evitez d’installer la télévision dans la chambre de l’enfant car cela contribue à l’isoler de la vie familiale et vous empêche de savoir ce qu’il regarde.

Evitez que votre enfant ne pratique trop le « zapping » d’un programme à l’autre : choisissez plutôt un moment précis pour qu’il regarde la télévision et favorisez le visionnage d’un programme en entier plutôt que de couper l’histoire.

Prenez soin du confort de visionnage de votre enfant en favorisant de bonnes conditions d’éclairage et de distance. Réservez des moments familiaux sans écrans.

Une signalétique à respecter pour enfants et adolescents

Il est nécessaire de faire comprendre à votre enfant l’importance de la signalétique jeunesse en lui disant qu’il vous arrive à vous aussi de pouvoir être choqué par certains programmes et que vous ne voulez pas qu’il le soit. Ce serait en effet une erreur de lui laisser croire qu’un adulte peut tout regarder sans jamais éprouver d’angoisse, de peur ou de dégoût.

La première chose à faire pour protéger votre enfant des images violentes est donc de choisir avec lui ce qu’il va regarder en fonction de son âge et de lui expliquer pourquoi.

Pour vous aider, il existe une classification des programmes en fonction de l’âge en dessous duquel une émission peut troubler votre enfant. Elle correspond aux signaux -10, -12, -16 et -18 et à la mention « Déconseillé aux moins de … » ou « Interdit aux moins de … ». Cette classification est apposée à l’écran par les chaînes lors de la diffusion du programme, ainsi que dans les bandes-annonces et dans les annonces des programmes dans la presse. Elle détermine également des horaires de diffusion appropriés.

Le sensibiliser à la signalétique jeunesse permettra qu’il ne regarde pas, s’il est seul devant la télévision, un programme inadapté à son âge. Si l’enfant a des frères et sœurs, vous pouvez sensibiliser les aînés à la signalétique jeunesse, afin qu’ils veillent à ce que regardent les plus petits.

Comment utiliser la signalétique ?

Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, nous rappelle en vidéo comment utiliser la signalétique du CSA.

La télévision, c’est mieux quand on en parle

Vous ne pouvez pas surveiller tout ce que votre enfant regarde, que ce soit chez vous ou chez d’autres personnes et vous devez donc lui proposer des moments d’échange où il aura la possibilité de parler de ce qu’il a vu et de ce qu’il en a pensé.

L’impact des images violentes peut être minimisé lorsque l’enfant peut dire ce qu’il a ressenti. Mais il le fera rarement de sa propre initiative. Il peut en effet avoir peur que l’on se moque de lui, il peut craindre qu’on lui interdise la télévision ou, simplement, il peut s’être accoutumé à la violence. C’est donc à nous, adultes, d’engager la conversation avec lui.

S’il voit qu’un adulte s’intéresse à ce qu’il a ressenti, l’enfant osera davantage partager son émotion. Ce sera aussi l’occasion de consolider ses repères, sa représentation du normal et de l’anormal, du juste et de l’injuste.

 

Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, et Patrice Huerre, pédopsychiatre, apportent également leur éclairage sur le rôle de la parole pour gérer l’impact de la télévision.

Devenir un parent et un téléspectateur actif

Il existe plusieurs démarches simples et indispensables pour protéger vos enfants.

Il existe par exemple un dispositif de verrouillage automatique pour les programmes déconseillés aux moins de 18 ans. Personnalisez le code parental afin de bloquer l’accès à ces programmes, en évitant les codes que les enfants peuvent facilement essayer, et gardez ce code secret.

Vous pouvez également mettre en place d’autres dispositifs de verrouillage : les nouveaux téléviseurs ou boîtiers ADSL permettent souvent de mettre en place des filtres ou contrôles parentaux par chaînes, horaires ou titres de programmes.

Vous pouvez également  en cas de plainte sur un programme afin de participer, avec nous, à la protection des plus jeunes.

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