La réception de la TNT par l'antenne "râteau"

Vous ne recevez pas bien la télévision : que faire ?

Vous ne recevez pas bien la télévision : que faire ?

Si vous rencontrez des perturbations dans la réception des émissions de la télévision numérique terrestre (TNT), ponctuels ou récurrents, voici les étapes à suivre :

Consultez tout d’abord le moteur de recherche« ma couverture TNT ». Deux cas de figure :

Vous n’êtes pas desservi ou votre habitation est identifiée comme étant en limite de couverture de la TNT. Dans ce cas, la réception par l’antenne « râteau » n’est pas adaptée dans votre situation. Le Conseil n'a pas le pouvoir d'imposer aux chaînes des obligations de couverture supérieures à celles qui sont fixées par la loi. La meilleure solution est d’avoir recours à un autre mode de réception : la diffusion par le satellite, l'ADSL ou le câble, s’il est disponible.

Votre zone est théoriquement couverte par la TNT et malgré tout, vous constatez des dysfonctionnements : faites vérifier votre installation personnelle de réception (branchements, amplis, filtres, antenne « râteau » individuelle ou collective,...) ; les éléments qui la composent sont en effet sous votre entière responsabilité.

Si le problème persiste, vous pouvez composer le numéro non surtaxé du centre d’appels dédié à la protection de la réception de la télévision : 0 970 818 818, du lundi au vendredi de 8h à 19h, pour signaler tout dysfonctionnement. Vous pouvez également consulter le site : www.recevoirlatnt.fr pour télécharger le formulaire de demande d’enquête à adresser à l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR)

Le rôle du CSA et de l’ANFR dans la protection de la réception

L'article 22 de la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication prévoit notamment que

  • le CSA « autorise l’usage des bandes de fréquences ou des fréquences attribuées ou assignées à des usages de radiodiffusion » ;
  • le CSA avec l’Agence nationale des fréquences, « prend les mesures nécessaires pour assurer une bonne réception des signaux ».

La mission du Conseil de la protection de la réception est assurée par la direction des technologies, grâce à la vérification de la qualité de la diffusion et de la réception des signaux audiovisuels par ses équipes techniques et notamment les Attachés Techniques Audiovisuels (ATA).

S’agissant de la mission de protection de la réception, conformément à la loi, une convention conclue entre le CSA et l’ANFR définit les modalités suivant lesquelles les tâches administratives, techniques et juridiques relatives au traitement des réclamations des téléspectateurs doivent être menées.  En pratique, quand le CSA ou l’ANFR sont saisis, dès lors que l’installation de l’usager est hors de cause, une enquête est conduite pour permettre d’identifier dans le voisinage des habitations où résident les plaignants, ce qui perturbe le signal normalement reçu jusqu’alors.

véhicule de mesure équipé d’un mât

Depuis quelques années, les Attachés Techniques Audiovisuels se sont vus dotés d'équipements de mesures innovants leur permettant de mener à bien leurs missions de protection de la réception dans des conditions adaptées aux exigences des évolutions techniques et technologiques, notamment pour l'accompagnement du déploiement des nouvelles chaînes en haute définition de la TNT.  

Le Conseil doit pouvoir vérifier le respect des éléments techniques figurant dans ses décisions, et s'assurer de la réception dans de bonnes conditions des programmes autorisés, tout en garantissant l'absence de perturbation pour les autres usages des fréquences.

Les opérations de contrôle sont particulièrement importantes lors des nuits d'évolution des autorisations (NEDA) afin d’assurer un déploiement optimal des multiplex R7 et R8, contenant les nouvelles chaînes en haute définition, sur le territoire métropolitain. Ces dernières années, le Conseil a fait l’acquisition, d’une part, de nouveaux véhicules à même de recevoir ces équipements et de les utiliser de façon plus ergonomique, et, d’autre part, d’appareils d'analyse des signaux TNT offrant un haut niveau d'expertise. Les compétences des Attachés techniques audiovisuels sont aujourd’hui étendues à la télévision. En liaison avec les agents en charge de la planification au sein de la direction des technologies, les ATA font ainsi preuve d’une grande réactivité dans l'accompagnement du déploiement, et du développement de la TNT.

En outre, l’ANFR réalise dans le cadre de la protection de la réception, une première analyse des plaintes des téléspectateurs, et des élus, notamment collectés via son centre d’appels. Le CSA s’assure par la suite de la bonne remédiation des défauts par les diffuseurs, via les opérateurs de multiplex responsables des opérations. L’acquisition par le CSA de nouveaux outils techniques, notamment des véhicules de mesure avec un mât à 10 mètres, permet d’étendre encore cette expertise et son autonomie en améliorant ainsi le traitement des éventuelles anomalies dans la réception des signaux audiovisuels.

Le suivi des zones sensibles

Par ailleurs, un groupe de travail « Zones Sensibles » conduit par le CSA qui réunit depuis avril 2011 de façon bimensuelle les opérateurs de multiplex, le CSA a pour rôle d’analyser avec l’ANFR et ces acteurs, les dysfonctionnements observés sur la plateforme TNT, et les voir se résoudre dans un délai raisonnable pour les usagers. Sont à ce jour considérés comme des zones dites sensibles (ZS) et font l’objet d’un suivi particulier, les défauts issus du passage au tout numérique (mauvaise qualité de pilotage, puissance mal réglée, hauteur d’antenne insuffisante ou encore synchronisation non optimisée…) ou encore les défauts correspondant à la vie du réseau (pilotage d’émetteur devenu défectueux, dépointage d’une parabole alimentant un émetteur donné, une perte de synchronisation …).

équipements de mesure TNT et FM

Les dysfonctionnements liés à un défaut d’installation de réception, ou à une panne (orage, enneigement…) ne sont pas considérés, à ce jour, comme des zones sensibles en tant que tels, même s’ils peuvent donner lieu à des plaintes, notamment lorsque ces pannes sont répétées. Le CSA accompagne les multiplex dans la mise en œuvre de solutions correctives (optimisation des pilotages, modification de canaux, amélioration de la synchronisation…). Les résultats obtenus dans le cadre de ce groupe travail sont très positifs pour la plateforme hertzienne, puisqu’en moyenne durant l’année 2013 par exemple, c’est moins de 0,7%  des émetteurs du réseau TNT, en considérant le nombre total d’émetteurs en service sur le territoire métropolitain, qui constituent le flux des signalements adressés aux Conseil.

Enfin, le Conseil recourt ponctuellement à des mesures coercitives en cas de manque de réactivité des multiplex, à travers des mesures de mise en garde ou de mise en demeure.

Durant l’année 2013 par exemple, les principales causes de réclamations (closes) pour mauvaise réception de la télévision identifiées lors des enquêtes ont été, par ordre décroissant :

  • les interférences liées au déploiement du réseau LTE-4G lancé en septembre 2013 (91,6 % soit 14 150 plaintes) ;
  • les interférences entre émetteurs de radiodiffusion et les défauts de diffusion des chaînes (3,7 % soit 550 plaintes), en baisse par rapport à 2012 (60% soit 1550 plaintes) ;
  • les installations non conformes (1,7 % soit 260 plaintes contre 13% en 2012, soit 345 plaintes) ;
  • des situations en dehors des zones de couverture théorique des émetteurs (1,4 % soit 215 plaintes pour 2013 contre 11,6% soit 300 plaintes pour 2012; ces situations sont en général dues à une orientation d’antenne vers un émetteur TNT non destiné à desservir la zone dans laquelle habite le plaignant ;
  • le réseau de distribution électrique (0,1 % soit 15 plaintes) ;
  • les « immeubles brouilleurs », notamment les éoliennes (0,1 % soit 20 plaintes) (en lien avec l’article L112-12 du code de la construction et de l’habitation) ;
  • les perturbations atmosphériques, les conditions de propagation (0,1 % soit 10 plaintes).

Ainsi, grâce aux dernières évolutions technologiques des outils de mesures, la Direction des technologies du Conseil a pu expertiser avec précision les défauts ponctuels de la plateforme hertzienne et répondre ainsi aux attentes des téléspectateurs en assistant les opérateurs. Elle poursuivra cette mission, qui est essentielle dans la protection des services de télévision, en lien avec l’ANFR.

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