L'intensité sonore de la télévision

Mesurer pour réguler

Qu’est-ce que l’intensité sonore ?

L'intensité sonore de la télévision (DT)

Le son est constitué par une vibration de l’air qui exerce une pression sur l’oreille interne de l’auditeur. Il se caractérise par son amplitude et par sa fréquence. L’intensité totale reçue par l’oreille de l’auditeur à un instant donné est donc la somme, sur l’ensemble des fréquences utilisées, des carrés des amplitudes pondérés par l’effet de la fréquence considérée sur l’oreille humaine. Le coefficient appliqué à l’intensité en fonction de la fréquence est déterminé par les caractéristiques de la tête et de l’oreille humaines ; pour l’écoute de la télévision, il est décrit par la courbe isosonique K (parfois également nommée R2LB).

 

L’effet sur l’oreille interne est cumulatif : l’impression d’intensité sonore ne dépend pas seulement de l’intensité maximale reçue, mais surtout du cumul de l’intensité sur la plage de temps considéré. Ainsi la mesure des « crêtes » du signal sonore, c'est-à-dire des pics d’intensité, ne rend-elle pas totalement compte de la sensation éprouvée par l’auditeur : s’il est bien possible de noter des différences d’intensité sonore en quelques dizaines de millisecondes, il faut quelques secondes pour en apprécier la tendance et ressentir une gêne. Or la fonction « volume » de la télécommande ne règle que le niveau de ces crêtes, ce qui explique qu’à un même réglage de la télévision puisse correspondre des impressions très différentes, selon l’espacement de ces crêtes. On appelle « dynamique sonore » le profil du signal sonore, selon que les plages de forte intensité sont plus ou moins proches. Un signal présentant une dynamique élevée est plus « aéré » et moins fatigant pour l’oreille.

Mesurer l’intensité sonore

En août 2010, après plusieurs années de  travaux, le groupe de travail P/LOUD de l’Union européenne de radio-télévision s’est accordé sur une recommandation de mesure de l’intensité sonore qui rend compte de l’impression de l’auditeur : il s’agit de la recommandation EBU - R128 qui fournit une mesure de l’intensité en « LUFS » ou Loudness Units Full Scale selon un algorithme précis également décrit dans la recommandation ITU-R BS-1770-2 de l’Union internationale des télécommunications. La recommandation EBU-R128 fixe, entre autres, la valeur d’intensité sonore de tous les types de programmes (fictions, messages publicitaires, auto-promotions, programmes en direct) à la valeur de -23 LUFS. Différents bulletins techniques (EBU-Tech 3341, EBU-Tech 3342, EBU-Tech 3343, EBU-Tech3344) associés à la recommandation EBU-R128 précisent la méthodologie et les paramètres techniques à respecter afin d’atteindre la valeur -23 LUFS. 

Sur chaque canal (excepté le canal des basses fréquences dit LFE), l’algorithme mesure l’intensité, c'est-à-dire qu’il somme sur chaque fréquence les carrés des amplitudes, pondérées par le coefficient de la courbe K lié à la fréquence considérée. Les intensités des différents canaux, elles-mêmes pondérées par un coefficient qui rend compte de l’effet du canal, sont additionnées. Le tout est cumulé sur la plage de temps choisie.

Réalisée sur différentes plages de temps glissantes, l’opération fournit plusieurs mesures :

  • l’intensité momentanée correspond à l’intensité perçue sur une plage glissante de 0,4 seconde ; cette mesure étant plus à destination des ingénieurs du son lors de l’étape de mixage de la piste audio,
  • l’intensité de courte durée correspond à l’intensité perçue sur une plage glissante de 3 secondes ;
  • l’intensité moyenne correspond à l’intensité perçue sur la durée du programme entier (du début à sa fin), en retirant les silences (c'est-à-dire les plages de temps pendant lesquelles l’intensité est significativement plus faible que la moyenne).