Intensité sonore : une première mondiale

Date de publication : lundi 16 avril 2012
Lettre CSA n°258 - mars 2012


Grâce au CSA, la France est le premier pays au monde à résoudre le problème de l’intensité sonore des publicités. Celui de la différence sonore entre chaînes est aussi en passe d’être résolu.

Soucieux du confort des téléspectateurs, le Conseil a organisé depuis 1992 plusieurs campagnes de mesures de l’intensité sonore des programmes télévisés. Celles-ci n’avaient permis que des améliorations partielles, faute d’outils permettant d’estimer précisément les excursions sonores perçues comme excessives. Mais à partir de l’année 2010, grâce aux travaux du groupe « Publicité et protection des consommateurs » présidé par Christine Kelly, le Conseil a pu apporter une solution concrète à ce problème en établissant un calendrier s’étalant de décembre 2011 à 2013.

Une valeur moyenne à respecter

À la suite d’une concertation avec les éditeurs et les organisations professionnelles concernées, le Conseil a adopté une délibération le 19 juillet 2011. Fixant des modalités techniques précises pour améliorer le confort d’écoute et un calendrier pour les chaînes et les producteurs, elle vise à la maîtrise par les éditeurs de l’intensité sonore des programmes et des publicités diffusés.

Ainsi, depuis la mi-décembre 2011, une baisse généralisée de l’intensité sonore moyenne des chaînes permet aux téléspectateurs de passer de l’une à l’autre sans subir d’importantes différences, pour peu que leurs récepteurs de télévision n’introduisent pas de nouveaux écarts. Les premières mesures techniques réalisées par le Conseil sur les 19 chaînes nationales gratuites de la TNT pendant vingt-quatre heures indiquent que la plupart d’entre elles ont mené les actions prévues par la délibération. En effet, l’intensité sonore moyenne de ces chaînes mesurée durant vingt-quatre heures est toute proche de la valeur -23 LUFS (unité de mesure de l'intensité sonore d'une séquence audio) préconisée par le Conseil. Certaines de ces intensités sonores moyennes présentent un profil très peu variable sur la journée, tandis que d’autres ont une plus grande variance.

Une variation amoindrie pour les publicités

Depuis le 1er janvier 2012, la variation d’intensité sonore lors du passage d’un programme à une publicité est encadrée. Ces variations ne peuvent désormais dépasser un plafond considéré comme celui de la gêne auditive pour les téléspectateurs. Cette variation ne sera pas non plus forcément nulle, par exemple entre une fin de programme « calme » suivie d’une publicité. Toutefois, à partir du 1er janvier 2013, les téléspectateurs constateront une variation d’intensité sonore encore plus faible pour les publicités. La bonne mise en œuvre de ces différentes phases décrites dans la délibération sera vérifiée par le Conseil grâce à de nouvelles campagnes de mesures de l’intensité.

Les premiers résultats sont prometteurs et semblent indiquer que les chaînes ont agi pour appliquer la délibération du Conseil. Des actions complémentaires seront toutefois nécessaires, notamment de la part des constructeurs de téléviseurs et des distributeurs (ADSL, satellite, câble) qui doivent être associés à cet effort d’homogénéisation de l’intensité sonore. Le rapport que le Conseil remettra prochainement au Parlement détaillera des propositions, tant pour les services de télévision que pour les services de médias audiovisuels à la demande.