Le temps de parole passé au crible de la cellule de visionnage

Date de publication : lundi 13 février 2012
Lettre du CSA n°256 - Janvier 2012

À l’approche de l’élection présidentielle, les téléspectateurs interrogent le Conseil sur la répartition du temps de parole des candidats. Elle doit respecter les principes d’équité et d’égalité, ce que vérifie la cellule de visionnage du CSA.

Le 30 novembre 2011, le Conseil a adopté la recommandation relative à l’élection du Président de la République. Entrée en vigueur le 1er janvier 2012, elle fixe le régime applicable à la couverture audiovisuelle de la campagne électorale en la structurant en trois périodes :
• du 1er janvier au 19 mars, veille de la publication de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel, les candidats déclarés ou « présumés » bénéficient d’une présentation et d’un accès équitables aux médias audiovisuels ;
• du 20 mars au 9 avril, veille de l’ouverture de la campagne officielle, les candidats bénéficient d’un temps de parole égal et d’un temps d’antenne équitable ;
• du 9 avril au 6 mai, les candidats bénéficient d’un temps de parole et d’un temps d’antenne égaux.
Il convient de rappeler que la notion d’équité est définie en fonction de la représentativité des candidats et de leur capacité à animer la campagne, contrairement à l’égalité qui exige un temps de parole strictement identique.

L’ensemble des programmes analysés

Tout au long des trois périodes, la cellule de visionnage du département « Pluralisme et déontologie de l’information » est renforcée et passe de 6 à 11 observateurs. Deux équipes décortiquent quotidiennement l’ensemble des programmes des principales chaînes de télévision. Les chaînes de la TNT et les radios figurant dans la recommandation du 30 novembre 2011 doivent, quant à elles, transmettre au Conseil le relevé des temps de parole sur leur antenne, selon un échéancier précis. Les télévisions et les radios locales ne sont contrôlées qu’à la demande du Conseil (saisine d’un tiers ou auto saisine).
Les observateurs ont chaque matin une liste de programmes à visionner. Ils relèvent toutes les interventions des candidats déclarés ou présumés et de leurs soutiens (soit toute personne appelant à voter pour un candidat). Journaux télévisés, magazines d’information, de divertissement ou même de sport, rien n’échappe à la vigilance des observateurs car les personnalités politiques peuvent être invitées partout.

Temps de parole et temps d’antenne

Un logiciel permet de comptabiliser le temps de parole et le temps d’antenne à la seconde près. Le premier comprend toutes les interventions d’un candidat et de ses soutiens. Le second est constitué des commentaires des journalistes et de l’ensemble des éléments éditoriaux consacrés à un candidat, s’ils lui sont manifestement favorables. Les propos critiques à l’encontre d’un candidat sont comptabilisés si leur auteur soutient explicitement un autre candidat. Ces interventions sont alors incluses dans le temps de parole de ce dernier.
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Tout est compté, recompté et vérifié. Les chiffres sont comparés à ceux qu’ont déclarés les chaînes de télévision. Le Conseil interroge les chaînes sur les motifs d’éventuelles différences d’évaluation. En cas de déséquilibre, il demande à la chaîne concernée d’assurer à chaque candidat un accès équitable ou égal à l’antenne, en fonction de la période.
Durant toute la campagne, le Conseil restera en contact avec les chaînes. Il préfère en effet anticiper et ne pas arriver à un déséquilibre trop important qui serait difficile à rattraper et qui pourrait entraîner une procédure de sanction.