La France à l’ère du tout numérique
Date de publication : jeudi 05 janvier 2012
Une gestion du « postpassage » renforcée
Les difficultés de réception de la TNT rencontrées ont été peu nombreuses. Le bon déroulement du passage s’explique d’abord par un suivi rigoureux des mises en service des émetteurs par les équipes du CSA et de l’Agence nationale des fréquences (ANFR), présentes sur le terrain. Dès qu’un dysfonctionnement était détecté sur un émetteur, une alerte était donnée pour en informer les diffuseurs afin qu’une intervention technique soit programmée sans délai. Le dépassement de plus de deux points du seuil de couverture fixé à 95 % a permis d’obtenir une couverture très souvent supérieure à celle de France 2 en mode analogique. Cette situation a contribué à limiter le nombre de foyers contraints d’opter pour une réception satellitaire afin de continuer à recevoir la télévision.
La couverture TNT imposée aux chaînes a également été complétée en permettant aux collectivités territoriales de bénéficier de fréquences par le CSA pour diffuser la TNT, une possibilité prévue par la loi du 5 mars 2009 relative à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision. Ainsi, près de 360 collectivités ont été autorisées à distribuer les chaînes de la TNT ; elles ont reçu une compensation financière versée par l’État (une cinquantaine d’autorisations ont été accordées en Nouvelle-Calédonie, compte tenu du contexte spécifique de ce territoire). Le complément de couverture apporté par ces émetteurs a également permis d’éviter à un grand nombre de foyers d’installer une réception alternative par satellite. Le CSA a joué un rôle important de support technique auprès des collectivités pour leur permettre de concrétiser leurs projets.
Dans quelques zones, la modification importante des paramètres techniques de diffusion lors du passage au tout numérique a occasionné des difficultés de réception. Ces cas, qui concernent une population très limitée, sont néanmoins mal vécus par les téléspectateurs concernés. Afin de régler au plus vite ces difficultés, le CSA, en lien étroit avec l’ANFR et sur la base des « remontées du terrain », dont celles du GIP France Télé numérique, a mis en place un groupe de travail en charge du suivi de ces « zones sensibles ». Les opérateurs de multiplex y participent, puisqu’ils sont responsables de la bonne diffusion des chaînes sur le territoire. Ce groupe a permis de résoudre plus de 200 cas depuis sa création.
Le CSA a été animé par la volonté de promouvoir un déploiement équitable et équilibré de la TNT. Equité entre les territoires de la République avec l’introduction par le Conseil, dès l’été 2007, d’une couverture minimale garantie par département, depuis lors consacrée par la loi, et le rattrapage, en moins de trois ans, du retard pris par l’avènement de la TNT dans les collectivités ultramarines. Equité entre les téléspectateurs avec l’extension de la couverture de la TNT au-delà de l’objectif national fixé par la loi, grâce à la compétence éprouvée des services du CSA, la promotion d’une couverture homogène des différents multiplex, négociée avec les chaînes, et un traitement plus réactif des anomalies.
Le Président de la République a reçu les membres du collège du CSA ainsi que le président et le directeur général du GIP France Télé numérique, le 2 décembre. Il les a félicités pour les « conditions remarquables dans lesquelles s’est effectué, en métropole et outre-mer, le passage de la télévision analogique à la télévision numérique ».