La France à l’ère du tout numérique

Date de publication : jeudi 05 janvier 2012

Des objectifs tenus

Les objectifs du programme national de passage à la télévision tout numérique ont été tenus. Œuvre collective, ce chantier ambitieux a constitué un défi technologique sans précédent, qui a mobilisé de nombreux acteurs institutionnels et professionnels. En outre, les Français ont su faire preuve de solidarité grâce à l’intervention de nombreux bénévoles. Les quelques difficultés de réception qui ont persisté à certains endroits ont nécessité un suivi « post passage » renforcé.

Une couverture de 97,3 % de la population

À son lancement en mars 2005, la télévision numérique terrestre (TNT) ne couvrait que 35 % de la population de la métropole. La loi du 5 mars 2007 a fixé un seuil de couverture des chaînes dites historiques à 95 % de la population. Mais pour éviter une fracture numérique dans la couverture TNT, notamment dans les départements montagnards, le CSA, à l’initiative d’Alain Méar, a demandé aux chaînes de respecter un seuil de couverture départemental de 91 % de la population, lorsque ce taux était déjà atteint en mode analogique, et de tendre vers cet objectif si tel n’était pas le cas. Cette initiative du CSA a été consacrée par la loi du 17 décembre 2009. Au terme du processus de passage, la couverture de la TNT, qui atteint 97,3 % de la population métropolitaine, dépasse sensiblement le seuil fixé par la loi.
Cette extension de la couverture de la TNT n’aurait pas été possible avec le maintien de la télévision analogique. Le manque de fréquences dans certaines régions aurait impliqué des réaménagements aux coûts et désagréments impossibles à justifier pour un mode de réception voué à disparaître. De plus, la double diffusion analogique et numérique aurait rendu impossible l’accès à la TNT dans de nombreuses zones. L'arrêt du mode analogique a ainsi permis une diffusion plus large, de meilleure qualité et plus homogène de la TNT.

Un choix de programmes élargi

Dans l’ensemble de l’Hexagone, la TNT offre aujourd’hui 29 chaînes nationales (19 gratuites et 10 payantes), dont 5 en haute définition (HD), et 48 chaînes régionales, au lieu de 6 chaînes au maximum en mode analogique.
Outre-mer, en application des préconisations du rapport du CSA élaboré par Alain Méar et remis au Gouvernement le 3 juillet 2008, qui ont été reprises par la loi du 5 mars 2009 (utilisation des fréquences libérées par l’arrêt de la chaîne Tempo et introduction de la norme de compression MPEG-4), la TNT apporte 8 à 10 chaînes, voire 11 (sur un simplex en Guadeloupe et en Martinique), selon les zones, là où n’existaient qu’entre une et cinq chaînes auparavant.

Un calendrier respecté

Le CSA a proposé, à l’issue de la consultation publique qu’il avait lancée en décembre 2007, d’adopter un calendrier de passage progressif, région par région, pour profiter de l’expérience des premiers arrêts et affiner le dispositif au fur et à mesure des passages. C’est le dispositif qu’a retenu le Gouvernement en adoptant le schéma national d’arrêt de la diffusion analogique en décembre 2008. Le processus a commencé par une opération-pilote à Coulommiers (février 2009), puis par l’arrêt de la diffusion analogique du Nord-Cotentin en novembre 2009. Le passage au tout numérique de régions entières s’est ensuite déroulé de février 2010 à novembre 2011. Il a commencé en Alsace et s’est achevé en métropole avec le Languedoc-Roussillon le 29 novembre dernier. Le rythme du calendrier d’extinction de la diffusion analogique a été très soutenu (24 régions « télévisuelles » en vingt-deux mois), notamment lorsqu’ont été abordées les régions du sud de la France avec des zones de montagne comptant un nombre important de sites de diffusion à numériser. Cette cadence était rendue nécessaire par l’absolue nécessité de respecter la date butoir du 30 novembre 2011 fixée par la loi.

Outre-mer, l’arrivée de la première vague de la TNT a eu lieu, sur l’ensemble des DOM-COM-POM, le 30 novembre 2010. Le calendrier d’arrêt de la diffusion analogique a été concentré sur le dernier quadrimestre 2011.