Élection présidentielle : bilan de la campagne officielle du premier tour

Date de publication : mercredi 16 mai 2012
Lettre CSA n°259 - avril 2012


Le 9 avril s’est ouverte la période de campagne officielle pour le premier tour de l’élection présidentielle. Elle reposait sur un principe d’égalité que les chaînes de télévision et de radio ont su appliquer.

D’après l’article 15 du décret du 8 mars 2001 portant application de la loi du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président de la République, rappelé par la recommandation du Conseil supérieur de l’audiovisuel du 30 novembre 2011, les chaînes de radio et de télévision devaient traiter, entre le 9 et le 20 avril, les candidats au premier tour de l’élection présidentielle selon un principe de stricte égalité. Il concernait aussi bien le temps de parole (des candidats et de leurs soutiens), le temps d’antenne (les commentaires ou les reportages consacrés aux candidats) que les conditions de programmation (horaires, émissions) qui devaient être comparables.

Une couverture importante mais en recul sur certaines chaînes

Le temps consacré aux interventions des candidats et de leurs soutiens dans les programmes des chaînes de radio et de télévision a représenté un volume de 155 heures au cours de cette période. Les télévisions généralistes ont diffusé 20 heures d’interventions, les télévisions d’information continue 84 heures et les radios 51 heures.

Par rapport aux relevés effectués sur la même période en 2007, le volume accordé aux temps de parole des candidats et de leurs soutiens a diminué de 10 % sur les télévisions généralistes et de 20 % sur les radios. Les chaînes ont mis en avant les contraintes de la réglementation encadrant l’expression des candidats pour expliquer ce phénomène. En revanche, les télévisions d’information continue ont accordé une couverture supérieure de 30 % à celle de 2007.

Le principe d’égalité respecté

Le Conseil a constaté qu’en dépit des difficultés formelles d’application, le principe d’égalité a été respecté sur l’ensemble de la période. Il a salué les efforts accomplis par les chaînes pour parvenir à ce résultat conforme à sa recommandation. Une mise en garde a cependant été adressée à Direct 8, en raison d’écarts de temps de parole importants entre certains candidats.

Le Conseil a rendu compte régulièrement à la Commission nationale de contrôle de la campagne présidentielle, chargée de veiller à ce que tous les candidats bénéficient des mêmes facilités de la part de l’État, du respect par les chaînes du principe d’égalité.

Par ailleurs, le Conseil a déploré que certains bureaux régionaux de France 3 n’aient diffusé aucune intervention de candidats ou de leurs soutiens pendant la période de campagne officielle. Sans mésestimer les difficultés qu’ils ont pu rencontrer pour traiter un scrutin national d’un point de vue local, il est regrettable que ces antennes du service public n’aient pas considéré comme une exigence de rendre compte du débat électoral.

Des manquements ponctuels à la période de réserve

Le Conseil a été particulièrement attentif au respect des règles fixées par la loi pour garantir la sincérité du scrutin. Il a constaté avec satisfaction que les chaînes les avaient dans leur ensemble respectées, notamment l’article L52-2 du code électoral, en ne divulguant pas d’estimation de résultats avant 20 heures. Le Conseil se félicite en particulier qu’elles n’aient pas relayé les indications diffusées sur les sites internet de certains médias francophones.

Quelques irrégularités ponctuelles ont néanmoins été relevées. France 2 et RMC ont ainsi été mises en demeure pour avoir donné la parole à des candidats le jour du vote. BFM TV a été mise en garde pour une raison identique. Canal+ a été mise en demeure pour avoir diffusé des analyses de journalistes donnant des indications sur les résultats avant la fermeture des derniers bureaux de vote. Enfin, TF1 a été mise en garde pour avoir diffusé des propos d’électeurs.

Lors de la soirée électorale, le Conseil a relevé que des estimations affichées à l’écran n’avaient pas été actualisées, alors même que les estimations d’autres organismes de sondage avançaient des écarts différents entre les candidats. Rappelant que ces estimations ne sont pas des résultats provisoires, il a invité les chaînes à procéder aux ajustements nécessaires à la juste information des téléspectateurs dans de meilleurs délais et à mentionner, le cas échéant, les autres estimations.