Edimbourg, 17 au 19 mai - Le numérique au programme de la 45e réunion des instances européennes de régulation audiovisuelle (EPRA)

Date de publication : vendredi 02 juin 2017


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Organisée par l’Ofcom, l’homologue britannique du CSA, la 45e réunion de la Plateforme  européenne  des instances de régulation - EPRA (European Platform of Regulatory Authorities) -  a rassemblé à Édimbourg du 17 au 19 mai 160 délégués représentant 49 autorités membres dont le CSA français.

Au menu de ces rencontres, les contenus à l’ère du numérique, et les défis à relever  pour la régulation audiovisuelle.

Autour du thème L’information à l’ère du numérique, la première séance plénière s’est ainsi penchée sur la problématique de la fiabilité des informations (phénomène des fake news), les discussions de la seconde séance plénière, à laquelle contribuait le CSA, s’orientant vers  l'impact des recommandations personnalisées sur la diversité pour répondre à l’intitulé « Les promesses et défis de la disruption numérique ».

Après l’introduction de la Professeure  Natali Helberger de l'Université d'Amsterdam/IViR, un panel composé de Martine Coquet, directrice des affaires européennes et internationales du CSA,  Judith Möller, de l'Université d'Amsterdam, et d'Anne Schuth, de la start-up néerlandaise Blendle, a échangé sur la menace ou l’opportunité que représentent les filtres et les algorithmes pour la diversité de l’offre proposée par les médias.

Alors que la consommation de contenus audiovisuels n’a jamais été aussi aisée, comment répondre au risque que les usages numériques impliquent pour la diversité ? 

C’est à cette question que le CSA, dans le cadre de son action internationale,  a souhaité apporter des  éléments de réponse devant l’assemblée de l’EPRA en s’appuyant sur les premiers travaux du CSALab.

CSALab, groupe de réflexion consacré aux questions numériques, a produit en janvier 2017, un rapport intitulé Le rôle des données et des algorithmes

Une typologie des algorithmes utilisés dans le secteur audiovisuel y est mise en regard des grands objectifs de politique publique d’un développement numérique durable : diversité culturelle et protection des consommateurs.

La protection à la française de la diversité culturelle répond  à trois impératifs : 

  • garantir aux téléspectateurs et aux auditeurs une offre de contenus riche et diverse ; 
  • préserver, dans un contexte compétitif, une diversité d’acteurs de toutes tailles ; 
  • promouvoir la création française et européenne.

Aujourd’hui  ce sont encore  44% des foyers français qui reçoivent sur leur poste principal,  la télévision via le réseau hertzien1.  

Toutefois, le développement de la télévision linéaire et non linéaire sur les réseaux du câble, du satellite et désormais internet permet à une majorité de citoyens de disposer d’un accès démultiplié à des contenus audiovisuels.

Si cette hyper offre peut favoriser la diversité, il existe tout de même deux risques principaux : 

  • un égarement du téléspectateur devant une offre abondante de contenus ; 
  • une concentration de l’offre et de la consommation autour de quelques œuvres.

 Les algorithmes peuvent faciliter la découverte d’œuvres vers lesquelles le téléspectateur ne se serait pas intuitivement tourné, mais ils peuvent aussi enfermer les individus dans une consommation répétitive. 79% des personnes suivent en effet les recommandations des services de vidéo à la demande2.

Au-delà du principe de la recommandation par un algorithme, trois questions apparaissent : 

  • comment garantir que les suggestions résultent des goûts exprimés ou supposés de l’utilisateur et non d’un partenariat commercial ? 
  • doit-on intégrer dans les algorithmes un critère permettant la promotion des œuvres européennes ou nationales ou une obligation de suggestions aléatoires ? 
  • quid de la possibilité d’ouvrir la publicité personnalisée (interdite en France sur les services linéaires) ?

Face à ces questions, le régulateur doit développer des modes d’intervention plus souples, d’information et de sensibilisation. Alors que ces acteurs distribués sur internet sont affranchis des contraintes des frontières, la réponse doit être globale grâce, entre autres, à une coopération renforcée entre instances européennes de régulation mais également avec des partenaires extérieurs à l’Union européenne. C’est en ce sens aussi que le CSA, à Édimbourg,  a rappelé l’importance qu’il attache aux travaux, au-delà de ceux de l’ERGA, des réseaux de régulateurs tels que l’EPRA mais aussi le RIRM.

Créée en 1995, la Plate-forme européenne des instances de régulation (EPRA) répond au besoin d'une coopération renforcée entre autorités de régulation en Europe. Avec ses 20 années d'expérience et son réseau solide de contacts au niveau opérationnel, l’EPRA est le doyen et le plus important des réseaux d'instances de régulation dans le secteur de l'audiovisuel et constitue ainsi le cadre privilégié pour l'échange d'informations et de bonnes pratiques entre régulateurs de l'audiovisuel en Europe.

52 instances de régulation de l'audiovisuel issues de 46 pays sont actuellement membres de l'EPRA. La Commission européenne, le Conseil de l'Europe, l'Observatoire européen de l'audiovisuel et le Bureau du Représentant de l’OSCE pour la liberté des médias sont des observateurs permanents au sein de la plate-forme.

 

Sources et ressources 

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