Une télévision accessible crée du lien social
Edito du lundi 13 février 2012
Le 12 décembre 2011, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a accueilli la cérémonie de signature de la charte relative à la qualité du sous-titrage à destination des personnes sourdes ou malentendantes. Ce document est le résultat d’un travail de longue haleine, réalisé en étroite coopération avec les associations, les laboratoires de sous-titrage et les éditeurs. Il constitue un nouveau progrès dans un domaine situé au cœur des missions du Conseil.
La signature de la charte intervient à l’issue de deux années particulièrement riches en améliorations, qui ont vu la réalisation de tous les engagements pris dans le cadre de la loi du 11 février 2005. Ainsi, toutes les chaînes dont l’audience est supérieure à 2,5 % ont respecté leurs objectifs de sous-titrage. Pour les autres, le Conseil a prévu des modalités leur permettant d’atteindre progressivement leurs objectifs. J’ajoute que le Conseil a tenu, lui aussi, à se montrer exemplaire. Ainsi, les programmes courts, diffusés aux mois de novembre et de décembre 2011 dans le cadre de la campagne annuelle de protection de la jeunesse, ont été sous-titrés. Les films réalisés à l’occasion de la campagne pour l’élection présidentielle seront non seulement sous-titrés mais également audiodécrits. En prévoyant des recommandations précises pour l’harmonisation des modalités d’affichage ou de vérification de l’orthographe, la charte permet, quant à elle, d’engager une démarche qualitative.
L’autre chantier de l’accessibilité concerne l’audiodescription. La tâche s’annonce difficile car elle nécessite du temps et suppose un travail d’interprétation de l’œuvre. Enfin, l’on ne dispose pas, en France, de récepteurs TNT capables de vocaliser des informations, contrairement au Royaume-Uni ou à l’Espagne. C’est pourquoi, le Conseil a lancé une étude visant à établir un cahier des charges techniques dans le but de proposer de nouveaux récepteurs numériques. On pourrait imaginer, à terme, l’introduction d’une obligation législative imposant aux fabricants de proposer, au sein de leur gamme, au moins un produit disposant d’une fonction de vocalisation. Il convient, en parallèle, d’encourager les éditeurs à diffuser encore plus régulièrement des films et des émissions en audiodescription.
Grâce aux efforts accomplis par les pouvoirs publics, les professionnels et les associations, le paysage audiovisuel français a atteint un haut niveau d’accessibilité. Les résultats obtenus au cours des deux dernières années doivent nous encourager à aller plus loin de façon à ce que la télévision continue de créer du lien social.
Nicolas About
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