Fun Radio : une mise au point du CSA

Communiqué du lundi 07 mars 1994

Un communiqué de Fun Radio, largement repris par la presse et les médias, accrédite l'idée d'une intervention du CSA tendant à censurer l'émission Lovin'Fun, voire l'interdire.
Ces informations sont inexactes.
A plusieurs reprises, le Conseil a appelé l'attention des responsables de Fun sur les propos tenus à l'antenne et qui témoignent à l'égard de perversions sexuelles une complaisance de nature à troubler les enfants et adolescents qui forment l'essentiel du public de cette radio.
Ces propos sont d'autant plus regrettables que le Conseil a toujours estimé qu'il était du plus grand intérêt de maintenir le principe d'une émission de dialogue avec les jeunes dont l'objet est notamment l'information sexuelle et la prévention du Sida.
Chargé par le législateur de veiller à la qualité des émissions, au respect de la dignité de la personne humaine ainsi qu'à la protection de l'enfance et de l'adolescence, il a donc demandé aux responsables de Fun, qu'il a reçus à plusieurs reprises, et notamment les 1er mars 93 et 15 février 94, de mieux maîtriser leur antenne afin d'éviter les excès relevés.
Lors de sa dernière audition, le président de Fun, conscient de ces excès, s'était engagé à soumettre au Conseil dans les meilleurs délais, un ensemble de règles déontologiques applicables aux programmes diffusés sur l'antenne.
Le 1er mars, aucune proposition de cette nature ne lui étant parvenue, le Conseil a décidé de demander à Fun Radio :
- soit d'assurer une maîtrise de l'antenne permettant d'éviter les dérives ;
- soit d'éviter d'aborder les sujets en direct si la station s'estime incapable d'assurer ses responsabilités éditoriales.
Le 3 mars, le Conseil a été saisi de propositions aux termes desquelles : « toutes les interventions à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité de la personne humaine sont interdites ».
Ces propositions rejoignent les préoccupations du CSA. Le Conseil déterminera selon quelles modalités elles pourront faire l'objet d'un avenant à la convention passée avec les responsables de Fun.
Il tient enfin à rappeler qu'une sanction ne serait prise par le Conseil qu'à la suite d'une instruction contradictoire conduite par un rapporteur du Conseil d'État. Ce n'est que dans l'hypothèse où de nouveaux manquements analogues à ceux qui ont été relevés se reproduiraient, que le CSA mettrait en oeuvre cette procédure.

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