Émission "Bourdin direct" : BFMTV et RMC mises en demeure

Communiqué du vendredi 06 mars 2015

Lors de sa séance plénière du 4 mars 2015, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a prononcé une mise en demeure à l’égard de BFM TV et RMC sur le fondement des articles 3-1 et 15 de la loi du 30 septembre 1986 sur la communication audiovisuelle, ainsi que de l’article 2-3-3 et du I de l’article 2-4 de leurs conventions respectives.

Le troisième alinéa de l’article 3-1 de la loi du 30 septembre 1986 dispose que : « Le Conseil supérieur de l’audiovisuel contribue aux actions en faveur de la cohésion sociale et à la lutte contre les discriminations dans le domaine de la communication audiovisuelle (…) ». L’article 15 de la même loi dispose quant à lui que le Conseil : « veille (…) à ce que les programmes mis à disposition du public par un service de communication audiovisuelle ne contiennent aucune incitation à la haine ou à la violence pour des raisons de race, de sexe, de mœurs, de religion ou de nationalité ».

L’article 2-3-3 de la convention de BFM TV prévoit notamment que : « L’éditeur veille dans son programme : (…) à ne pas encourager des comportements discriminatoires en raison de la race, du sexe, de la religion ou de la nationalité ; à promouvoir les valeurs d’intégration et de solidarité qui sont celles de la République ». Le I de l’article 2-4 de la convention de RMC stipule que : « Le titulaire veille dans son programme : à ne pas encourager des comportements discriminatoires à l’égard des personnes en raison (…) de leur appartenance ou de leur non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une  religion déterminée ; à promouvoir les valeurs d’intégration et de solidarité qui sont celles de la République ».

Le Conseil a observé, lors de l’émission Bourdin direct simultanément diffusée sur le service BFM TV et la radio RMC le 16 février 2015 que, dans le cadre de l’interview d’un ancien ministre et ancien président du Conseil constitutionnel venu assurer la promotion de son dernier livre, le journaliste qui animait l’émission, à la suite d’un échange de propos relatif aux prises de position et à l’entourage familial de M. Manuel Valls, a posé à son interlocuteur, à propos du Premier ministre, la question suivante : « Il est sous influence juive ? ».

Le Conseil a considéré que la réponse qu’une telle question tendait à provoquer, dans le contexte de cet échange, et la formulation-même de cette question, relative au Premier ministre, étaient de nature à banaliser et à propager des comportements discriminatoires contraires aux principes dont la garantie lui est confiée par les articles 3-1 et 15 de la loi du 30 septembre 1986, tels que précisés par les stipulations des conventions signées par BFM TV et RMC.

 

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